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Se déplacer de ville en ville

Le Sud du Laos

 

 
Savannakhet

Le sud du Laos est constitué de cette bande de territoire relativement étroite (à peine plus de 100 km par endroits) qui, à partir de Paksan, sur la frontière avec la Thaïlande, pique en direction du sud-est jusqu’à la frontière cambodgienne. La partie la plus méridionale de cette zone s’évase davantage.

Aller vers le sud, c’est un peu changer d’univers. En effet, on quitte résolument les ambiances très montagneuses du Laos du Nord pour retrouver soit des plaines alluviales propices à l’agriculture (plutôt sur le flanc ouest, à proximité du Mékong), soit des altitudes médianes correspondant à des zones de plateaux, davantage situées sur le flanc est. Le sud compte sept provinces au total. Elles sont d’un attrait inégal pour le tourisme : on considère en général que les plus méridionales sont aussi les plus riches en découvertes.

Inter titreKhammuan

La province de Khammuan (on écrit aussi Khammouane, chef-lieu Thakhek), immédiatement au nord de celle de Savannakhet, est intéressante pour ses paysages karstiques (ces formations calcaires, souvent creusées de grottes, se dressent notamment dans le secteur de Mahaxai) et surtout pour la richesse de son patrimoine naturel. En grande partie couverte de forêts, elle a en effet été déclarée zone nationale de conservation de la biodiversité. Elle intègre notamment le parc de Nakai Nam Theun, une réserve naturelle de plusieurs milliers de km2 vers l’est, dont la flore et la faune abondante sont protégées. Aucun réseau routier développé ne dessert cette zone.

Inter titreSavannakhet

C’est à la fois le nom d’une province, la plus peuplée du pays, et celle de sa « capitale », la deuxième ville du Laos après Vientiane pour le nombre d’habitants (125 000). Une importance qui s’explique par sa situation : port fluvial installé en lisière du Mékong, Savannakhet joue un rôle de carrefour naturel entre la Thaïlande et le Vietnam, de plate-forme d’échanges commerciaux de toute nature. Correctement équipée en établissements hôteliers, la cité n’offre cependant qu’un éventail limité de centres d’intérêt : on peut consacrer un bref moment au VatSayaphum, le principal temple, et jeter un œil aux anciennes maisons coloniales de l’époque française, assez nombreuses mais peu entretenues, qui parsèment les rues du centre-ville.

A un peu moins de 100 km au nord-est de Savannakhet, dans un secteur de collines et de forêt dense, s’étend, sur un millier de km2, une autre zone de conservation de la biodiversité, Phou Xang He, destinée à assurer la protection d’espèces menacées.

Inter titreSepon (ou Xepon)

Cette ville moyenne (à 170 km à l’est de Savannakhet)est l’un des points de départ pour visiter les vestiges de la piste Ho Chi Minh, distants d’une vingtaine de kilomètres. De nombreux restes et épaves de la guerre(abris, chars, cratères de bombes, etc.) sont encore visibles.

Inter titreSaravan

Comme dans la province de Savannakhet qu’elle prolonge au sud, Saravan (parfois orthographié Salavan) est à la fois le nom de la province et de sa ville principale. Modestement peuplée, c’est une zone de hauts plateaux au climat relativement tempéré et à l’environnement encore préservé, où la forêt représente près de la moitié du territoire. Les centres d’intérêt y sont essentiellement liés à la nature.

Depuis le chef-lieu, Saravan, à l’atmosphère très paisible, on pourra découvrir le joli lac Nong Bua(à 15 km environ à l’est), et pousser la promenade au nord vers Tumlan et Tahoy, deux districts « ethniques » où résident des minorités de la famille môn-khmer (katang, ta hoy, katu, etc.), dont le mode de vie n’a guère changé depuis plusieurs siècles.

Inter titreLa piste Ho Chi Minh

Il s’agit moins d’une piste unique que d’un ensemble de chemins et de sentiers qui, à compter des années 50, ont permis aux communistes nord-vietnamiens d’acheminer troupes et matériel vers le sud pour combattre d’abord les Français puis les Américains, en transitant par le territoire du Laos. L’armée de « l’oncle Ho » a fait circuler par ce réseau terrestre, durant toute la guerre, des quantités phénoménales d’hommes, d’armes et de vivres, contribuant ainsi à alimenter régulièrement les bases secrètes que l’insurrection viêt-cong possédait au Sud-Vietnam même. Véritable axe stratégique, la piste Ho Chi Minh n’a jamais pu être durablement coupée, en dépit de l’intensité des bombardements américains.

Inter titreSekong

On ne mentionne ici cette province au sud-est de Saravan, la moins peuplée de tout le Laos, que pour mémoire : très mal desservie par la route, extrêmement pauvre et pratiquement dépourvue d’infrastructures hôtelières, la région ne voit passer que très peu de visiteurs et semble pour l’heure « réservée » aux baroudeurs et aux amoureux d’environnements encore vierges.

Inter titreAttapeu

C’est la province la plus méridionale du Laos, limitrophe du Cambodge au sud et du Vietnam à l’est. Faiblement peuplée et difficile d’accès, comme Sekong, Attapeu est le royaume de la nature encore sauvage(nombreuses cascades, zones de conservation de la biodiversité) et le sanctuaire de nombreuses espèces animales rares ou menacées. Environné de montagnes et de rivières, le chef-lieu porte le même nom que la province : la ville d’Attapeu est une halte verdoyante et paisible, à l’atmosphère totalement hors du temps. Il est toutefois recommandé d’envisager les excursions alentour avec précautions : de nombreux explosifs non désamorcés sont encore présents le long de la piste Ho Chi Minh, qui sillonne la province, et les mauvaises rencontres sont possibles (trafiquants de bois, anciens Khmers rouges venus du Cambodge, bandits, etc.) dans les zones montagneuses du Sud.

Inter titrePlateau des Bolaven

Ce haut plateau fertile au climat agréable est situé à l’extrême nord-est de la province de Champasak, aux confins des provinces voisines de Saravan, Sekong et Attapeu. Ce sont les colons français du début du XXe siècle qui y ont introduit un certain nombre de cultures agricoles toujours pratiquées aujourd’hui, notamment celle du café. Les nombreuses ethnies qui peuplent la région (laven, katu, arak, etc.) ont su protéger et perpétuer l’essentiel de leurs coutumes traditionnelles. Le plateau des Bolavens est apprécié des visiteurs pour cette ambiance préservée, la beauté paisible de ses paysages et ses températures, relativement clémentes comparées au reste du pays.

Inter titrePaksé

Le chef-lieu de la province de Champasak, ville relativement importante (50 000 habitants) fondée sur les rives du Mékong au début du XXe siècle, à l’époque de la colonisation française, n’offre pas en soi de centres d’intérêt majeurs. Cette cité commerciale sera néanmoins une étape incontournable pour les voyageurs en partance pour les principaux sites touristiques (plateau des Bolavens, Vat Phu, Si Phan Don) de la province.

Inter titreChampasak et Vat Phu Champasak

La petite ville de Champasak(à 50 km environ au sud de Paksé) est le « camp de base » pour explorer, dans un décor de montagnes, la grande attraction locale : Vat Phu Champasak(à 10 km au sud. Ouvert tous les jours de 8 h à 16 h 30. Entrée payante), un « temple-montagne » d’origine khmère, de même nature (mais sans doute antérieur) que les constructions du site d’Angkor, au Cambodge. Signe de son importance, le monument est classé par l’Unesco à l’inventaire du patrimoine de l’humanité depuis décembre 2002. Elaboré, comme les sites cambodgiens, dans un style architectural fortement empreint d’hindouisme, le Vat Phu s’étend à même une colline sur plusieurs niveaux : vaste bassin, terrasse et avenue en entrant, puis, dans la partie supérieure, un complexe comprenant pavillons, galeries, portiques, statues et sanctuaire religieux. Une source, autrefois sacrée, jaillit du sommet de la colline à l’arrière des ruines du temple principal.

Hypothèses historiques Du sommet du complexe, la vue est superbe sur les plaines environnantes. Les datations de l’ensemble sont encore relativement imprécises, mais les archéologues pensent que l’édification progressive du Vat Phu s’étend du VIe au XIIe siècle. Sa fondation serait donc antérieure à la « période angkorienne » constituant l’apogée de l’immense Empire khmer. Certains historiens estiment même que Champasak, avec le Vat Phu comme principal site sacré, a peut-être été la capitale du royaume de Chenla, précurseur à partir du VIe siècle de ce qui deviendrait plus tard l’Empire khmer, avec Angkor pour capitale.

Inter titreSi Phan Done (Quatre Mille Iles)

A l’extrême sud de la province de Champasak, ce district est une attraction naturelle unique : ici, en effet, le Mékong (qui forme la frontière avec le Cambodge, sur la rive sud) atteint le maximum de sa largeur – jusqu’à 14 km -, laissant émerger sur son cours de très nombreuses îles et îlots , d’où le nom du lieu. Certaines îles sont « temporaires », disparaissant sous les eaux en période de crue, d’autres émergent toute l’année.

C’est sur ces dernières bien sûr (Done Khong, la plus grande – 16 km de long sur 8 de large -, mais aussi Done Khone ou Done Dhet) qu’il est possible de séjourner, pour une parenthèse bucolique ou pour tenter d’observer les dauphins Irrawaddy (très aléatoire, car cette espèce très rare de dauphin d’eau douce, endémique ici, est en voie d’extinction).

Entre Done Khone et Done Dhet subsistent encore un pont ferroviaire (traversée payante) ainsi que les vestiges d’une petite voie ferrée autrefois construite par les Français sur 14 km pour éviter les obstacles liés à la navigation. Dans la partie la plus méridionale de Si Phan Done se trouvent en effet une série de rapides très impétueux et de grandes chutes d’eau(accès payant) très spectaculaires à admirer.

Inter titreSuivez le guide !

Pour tenter d’apercevoir les très rares dauphins Irrawady, adressez-vous aux pêcheurs de l’île de Done Khong, qui peuvent louer leur bateau pour une promenade de quelques heures. La période la plus propice pour croiser ces mammifères marins est le début d’année, jusqu’en avril-mai.