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L’Etat shan : Kalaw et Taunggyi

 

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Taunggyi market © Roger PriceAux Shans, les villes de fond de vallées bâties autour d’un lac ; aux tribus montagnardes, les hameaux des collines couvertes de bambous et de pinède. Tous ces groupes séparés au quotidien se retrouvent sur les « marchés tournants » de village en village, où ils arborent chacun le costume de leur ethnie. Malgré des allégeances temporaires aux pouvoirs chinois, birman ou siamois au fil des siècles, le « Pays shan » conserva pourtant son autonomie durant la majeure partie de son histoire. Mais il a souffert, ces dernières années, de sa volonté d’indépendance, et livre une guérilla sans répit aux autorités du pays. A la veille de l’indépendance, en 1948, il se vit promettre par le général Aung San de retrouver son statut d’Etat souverain s’il rejoignait l’Union birmane le temps de l’aider à se défaire de l’occupant britannique. Après le coup d’Etat militaire de 1962, le dictateur Ne Win dénonça cet accord et fit arrêter les derniers sawbaw, les princes de l’Etat shan.

Inter titreKalaw et ses alentours

A 125 km à l’ouest de Taunggyi. Station climatique perchée à 1 300 m d’altitude et très prisée des colons britanniques, qui en firent un centre administratif, Kalaw est un bon point de départ pour des randonnées de deux à huit jours à travers des forêts de pin, de bambous géants et d’eucalyptus, vers les villages des peuples montagnards qui habitent la région et côtoient l’ethnie majoritaire des Shans : Palaung, Pa-O, Danu ou Népalis, descendants des soldats gurkha recrutés par les armées britanniques des Indes. Que l’on choisisse la marche à travers champs et forêts ou que l’on prenne la route qui serpente entre les collines, le trajet entre Kalaw et Pindaya est réputé être l’un des plus beaux du pays : la région est souvent comparée aux Alpes, en version tropicale, pour la douceur de son climat et la transparence de son air qui souligne les contrastes entre le vert brillant des champs de tabac, le rouge des sols de latérite ou le jaune des champs de sésame en fleur. Verte et fertile, elle produit en abondance choux et pommes de terre, oranges et avocats, qui viennent alimenter tous les marchés du pays. On voit régulièrement en chemin d’énormes banians, vieux de plus de mille ans, dont les racines partiellement aériennes dépassent la taille d’un homme et semblent aussi résistantes qu’un véritable mur.

Pindaya : 8 000 bouddhas dans les grottes

A 40 km a l’est de Kalaw, après le village-carrefour d’Aungban. Entrée payante. Prévoir une lampe de poche.

Un ascenseur vitré accroché au flanc de la falaise, c’est l’image surréaliste que l’on a en arrivant aux grottes… L’entrée de cette série de cavités naturelles, qui se succèdent en enfilade dans la roche calcaire, se trouve en effet à 20 m au-dessus du sol, et les autorités ont jugé que, si les 200 marches de l’escalier couvert convenaient aux pèlerins, il fallait plus de confort aux étrangers… Dans ces grottes qui auraient, pensent les historiens, près de 200 millions d’années, 8 000 statues du Bouddha s’amassent dans des niches, sur des aspérités de la roche, parmi stalactites et stalagmites. De toute taille, les statues sont en bois doré à la feuille, en marbre, en bronze, en albâtre ou en laque ; si les plus anciennes datent du XVIIe siècle, les plus récentes sont contemporaines, puisque leur nombre s’accroît à chaque pèlerinage, avec de nouvelles offrandes des fidèles. Plus on s’enfonce dans les grottes, et plus les statues sont anciennes ; plus elles sont belles aussi, car la rénovation d’un goût douteux – peinture aux couleurs vives ou dorures clinquantes – n’a pas (encore) atteint les dernières salles. Des boyaux où l’on ne peut pénétrer qu’en rampant conduisent à de vastes salles de méditation, elles aussi débordant de statues.

Le retour au pays sacré

Une statue ancienne du Bouddha surnommée « le retour au pays sacré » fait la gloire de l’une des pagodes de Kalaw ; on en voit l’équivalent dans plusieurs pagodes de Rangoon et du centre du pays. La statue, enlevée par les Britanniques au XIXe siècle, avait été emmenée en Angleterre. Durant la colonisation, des effigies du Bouddha, mais également des cloches de bronze, furent ainsi « enlevées par les hommes blancs qui nous ont pris notre roi et qui dirigent maintenant notre pays », comme le disaient alors les Birmans. On aime encore à se répéter, génération après génération, qu’après l’arrivée des objets sacrés au palais de Buckingham, la reine Victoria fut prise de violentes migraines, devant lesquelles les médecins durent avouer leur impuissance. Dans l’ignorance des causes de son mal, la reine aurait ordonné que tout ce qui venait de Birmanie y soit renvoyé : ce sont les objets que l’on qualifie désormais de « retour au pays sacré ».

Suivez le guide !

Ne tentez pas de cueillir une fleur à la nuit tombée : l’esprit de l’arbre en serait très fâché. L’effroi de votre guide n’aura rien d’imaginaire, la croyance aux esprits de la forêt reste puissamment ancrée.

Padalin

A 70 km à l’ouest de Pindaya. Entrée payante. Prévoir une lampe de poche.

Redécouvert au milieu du XXe siècle par une équipe de chercheurs alors qu’il était dissimulé par la végétation foisonnante de la jungle, sur un terrain accidenté et difficile d’accès, le site de Padalin daterait du Néolithique. Comme à Pindaya, des grottes en enfilade sont emplies de concrétions calcaires aux formes étranges. On y a retrouvé en très grand nombre des outils de pierre, ainsi que des ossements animaux et humains, qui ont permis de dater l’ensemble. Plus étonnantes sont les magnifiques peintures rupestres qui ornent les grottes, un art aussi ancien étant pour ainsi dire inconnu dans le pays. Outre leurs qualités esthétiques, les peintures renseignent sur la faune qui peuplait alors la région : daims, bisons, taureaux suivis de leurs petits et même… un poisson géant. Au plafond figure une représentation solaire, tout à fait surprenante pour une civilisation aussi ancienne.

Inter titreTaunggyi et ses alentours

A 725 km au nord de Rangoon, par une bonne route.

Située dans une vallée verdoyante à plus de 1 000 m d’altitude (« Taung-gyi » signifie « la Grande Colline »), la capitale administrative de l’Etat shan jouit d’un agréable climat tempéré et fut pour cela, elle aussi, une station climatique prisée des Britanniques jusque dans les années 40. Surprenants sous ces latitudes, parmi les gigantesques banians et les forêts tropicales de bambous, de nombreux cerisiers sont là comme pour prouver la douceur du climat. Tous les jours se tient le marché Myoma, seul vrai point d’animation de la ville. Les villageois des environs viennent, la plupart dans le costume traditionnel de leur ethnie, y vendre leurs produits ou y faire emplette de vaisselle, de vêtements, de cheroots (les cigares birmans), ou de jouets pour les enfants et d’autres biens importés de Chine et de Thaïlande.

Des ballons de papier dans le ciel

Tous les ans, depuis plus de soixante ans, se tient en novembre le festival Tazaungdine : les habitants de Taunggyi et de ses environs fabriquent d’énormes ballons de papier en forme de vache, d’oiseau Galôn, de personnages. Les ballons sont ensuite gonflés à l’air chaud et lâchés dans les cieux, en de véritables compétitions : le plus beau, celui qui montera le plus haut, celui qui restera en l’air le plus longtemps… Feux d’artifice et guirlandes de lampes clignotantes, manèges et grandes roues, stands de sucreries et de brochettes accompagnent les festivités, dans une ambiance de kermesse populaire analogue à celle des festivals de pagodes.

Musée culturel de l’Etat shan

Bogyoke Aung San Road (ou Main Street), à la sortie sud de Taunggyi.

Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 16 h. Entrée payante. Si l’on commence la visite de la région par Taunggyi, il offre une bonne introduction à la culture et aux coutumes de la région. Il présente des instruments de musique traditionnels (tambours de diverses formes, orgues à bouche), les productions artistiques (peinture, sculpture) et artisanales locales (tissages, papier de mûrier), du mobilier domestique et tous les outils nécessaires aux travaux des champs. Il montre en particulier les costumes spécifiques aux Pa-o, aux Danus, aux Intha, aux Karen et à toutes les ethnies minoritaires que l’on croisera sur les marchés.

Shwe-nyaung

A 10 km à l’ouest de Taunggyi.

On s’arrête dans cette petite bourgade pour visiter le ravissant monastère Shweyanpyay(à 7 km au sud. Ouvert de 10 h à 16 h. Entrée libre), du XIXe siècle, dont les fenêtres ovales s’ouvrent dans des façades de teck. Le contraste est saisissant entre les teintes feutrées du teck patiné, des bouddhas recouverts de laque, et les effets de lumière qui jouent sur la pagode adjacente, dont les murs sont couverts de mosaïques de bris de verre coloré et de fragments de miroirs.

Nyaung-shwe

A 22 km au sud-ouest de Taunggyi, au nord du lac Inle. La ville du « banian d’or » abrite l’un des derniers – et le plus beau – des palais shans, où résidaient les « sawbaw », les Seigneurs du Ciel, qui dirigeaient les 33 provinces de l’Etat jusqu’en 1962. Mêlant la brique et le teck, le palais retrace par une série de photos les dernières heures du règne des sawbaw (ouvert de 10 h à 16 h. Entrée payante).

Les jardins sur l’eau

Quand les Inthas, originaires de Dawei et asservis au XIVe siècle par un souverain shan, furent déportés dans la région du lac pour être mis au service de leur vainqueur, les terres étaient aux mains des paysans shans, et ils ne pouvaient s’y installer. Le seul endroit qui leur restait était… le lac lui-même. D’abord installés sur les berges, les Inthas gagnèrent peu à peu sur les eaux, qui sont peu profondes (2 à 4 m tout au plus). Ils entreprirent donc de bâtir de véritables îles artificielles. Découpant de larges bandes de terre entremêlée de végétation, il les traînent sur l’eau, où elles flottent, amarrées au fond du lac avec de longs troncs de bambou. Sur les bords sont cultivées des barrières de jacinthes d’eau, dont les racines, longues et enchevêtrées, empêchent le sol de se déliter. Tout est prêt pour commencer les cultures de primeurs, puis, lorsque les plantes auront affermi le sol, pour bâtir une petite habitation sur pilotis.

Lac Inle

Bateaux au départ de Nyaung-shwe. Accès payant.

A 900 m au-dessus du niveau de la mer, le « petit lac » (in lay) s’étale sur près de 35 km de long, du nord au sud, et de 1 à 10 km de large, entre des collines verdoyantes et des sommets plus arides pouvant monter à 1 700 m d’altitude. Décrit partout comme l’un des paysages les plus féeriques du pays, le site a souffert d’une fréquentation touristique massive depuis l’ouverture des frontières, dans les années 1990, et il faut désormais s’éloigner des environs immédiats du lac pour trouver un mode et un rythme de vie plus authentiques. Les îles sur lesquelles sont construites les habitations, voire des villages entiers, ont pris de telles proportions qu’on a parfois l’impression de naviguer sur des canaux sillonnant la terre ferme plutôt que sur un lac. Les hommes pêchent et cultivent, les femmes tissent la soie et le coton sur d’antiques métiers de bois.

Ywama et son marché flottant

Le village abrite le plus coloré – et le plus fréquenté – des marchés qui flottent sur le lac Inle. On y vendait des haricots, des tomates, et des fleurs cultivées sur les jardins flottants, dont le sol, constitué de boue et de vase remontées du fond du lac, s’avère particulièrement fertile et se prête à merveille à la culture des primeurs. Aujourd’hui, on y trouve plutôt des souvenirs pour touristes, dont les belles cotonnades de la région, des laques, des sacs, etc.

Phaung-daw-U : quatre bouddhas plus un

Sur le lac Inle, à 24 km au sud de Nyaung-shwe.

La « pagode de l’Oiseau Royal », haut lieu de pèlerinage, est le sanctuaire le plus vénéré de tout l’Etat shan. Elle abrite cinq petites statues bouddhiques, tellement recouvertes de feuilles d’or depuis leur découverte, au XIIe siècle, qu’il est devenu impossible d’y reconnaître, non seulement les traits, mais la forme même des statuettes initiales. Durant le festival, les enfants des villages lacustres suivent en procession sur d’autres barques, revêtus de leurs plus beaux costumes traditionnels. Les festivités ne durent pas moins de trois semaines ! En 1965, lors de l’une de ces célébrations, les statuettes tombèrent au fond du lac. Quatre d’entre elles purent être repêchées, mais il fut impossible de retrouver la cinquième. Revenus au monastère dans le plus grand désespoir, les fidèles eurent la surprise d’y trouver… le bouddha perdu, qui avait regagné son autel ! Depuis ce miracle, la ferveur populaire entourant le sanctuaire s’est encore accrue. Mais, lors du festival annuel, on ne mène plus en procession que quatre des bouddhas, le cinquième restant au monastère.

Suivez le guide !

Vous éviterez la foule en vous rendant au marché de Ywama dès 7 h du matin.

Monastère Ngaphe

A 10 km au sud de Nyaung-shwe, sur le lac Inle, au nord d’Ywama. Ouvert du lever au coucher du soleil. Entrée libre, mais prévoir une donation.

Ngaphe a perdu de sa silencieuse sérénité depuis qu’il est devenu le « monastère des chats sauteurs », une spécialité un peu particulière qui attire un grand nombre de visiteurs : les moines y exercent une vingtaine de chats à sauter au travers d’un cerceau…