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Mandalay et le Nord de la Birmanie

 


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Sunset over Mandalay © Rebecca Stanek

Si Mandalay, surgie de terre au XIXe siècle, rayonne toujours de son aura de capitale culturelle du pays, en revanche les routes qui conduisent vers les confins septentrionaux s’entrouvrent à peine. A ceux qui les emprunteront, les terres kachin, entre animisme et christianisme, livreront le visage d’une Birmanie où la modernité n’a pas encore pris le pas sur un certain art de vivre, proche de la terre des ancêtres.

Inter titreMandalay

A 610 km au nord de Rangoon ; 1 h 30 par avion, 16 h par la route. Forfait de 10 US $ payable à l’aéroport ou à l’entrée dans Mandalay, et valable pour l’accès aux principaux monuments de la ville.
Mandalay, un nom qui fit rêver des générations de voyageurs… Mandalay est un « Centre », comme le dit l’origine pali de son nom, et sa colline est le « Centre du Centre ». Elle est, dans le même temps, une représentation de l’Univers, à la manière des mandalas tibétains, organisé autour de ce Centre-Axe. Le roi Mindon, son fondateur, revendiquait pour aïeule une légendaire ogresse qui se nourrissait de fleurs sur la colline, au VIe siècle avant notre ère ; l’ogresse rencontra un jour le Bouddha qui faisait étape ici, et, touchée par la parole du Sage, elle se trancha les seins en signe de soumission.

Palais royal

Au centre de la ville. Ouvert de 9 h à 18 h.
Des fastes de la cour de Mindon, les bombar-dements alliés de 1945 ne laissèrent que ruines. Un rempart long de quatre fois 1 600 m de côté et bordé de douves, c’est tout ce qui subsiste du gigantesque complexe de bois que le premier roi de Mandalay fit édifier, en 1857. Aujourd’hui investi par les militaires, le palais a vu se reconstruire, en béton et ciment, une mauvaise copie des fines architectures de teck que l’on ne connaît plus que par les photographies de l’époque. Cette fausse reconstitution résulte du travail forcé, et la plupart des voyageurs en boycottent la visite pour cette raison.

Monastères de teck : Shwe In-Bin et Shwe-nandaw

Au sud-ouest (Shwe In-Bin) et nord-est (Shwe-nandaw) du Palais royal. Ouvert de 10 h à 17 h 30.
Rares sont les monastères de bois à avoir échappé aux incendies qui ravagèrent régulièrement la haute Birmanie. Shwe In-Bin et Shwe-nandaw, les monastères d’Or, en sont parmi les derniers et les plus somptueux témoins. Avec leurs ornements de teck sculpté aux portes et aux façades et leurs toitures carrées à étages aux bords dentelés, ils sont typiques de l’architecture de Mandalay à l’époque de Mindon et de Thibaw, son successeur. Des divinités sculptées et des êtres surnaturels, des animaux mythiques ou d’une facture réaliste, des scènes de la vie de la Cour ornent à profusion l’extérieur des murs, tandis qu’à l’intérieur les plaquages d’or font jouer la lumière du jour. Les monastères, desservis par six escaliers de pierre, comme le veut la tradition architecturale, reposent tous deux sur des centaines de piliers de teck massif. De même, leur terrasse est bordée par des piliers de teck, taillés chacun d’un seul bloc, dont le haut est régulièrement chaulé ou verni pour les protéger des intempéries.

Suivez le guide !
Shwe In-Bin est encore en activité et, si le prix de l’entrée va à l’Etat, les donations des visiteurs vont quant à elles à l’éducation des jeunes novices qui y font leur première retraite.

Pagode du Mahamuni
Au sud du Palais royal. Ouvert de l’aube au crépuscule.
Un bouddha assis de près de 4 m de haut trône au cœur de la pagode, le visage de bronze lisse et lustré, mais le corps ayant perdu toute forme sous plusieurs centimètres d’épaisseur de feuilles d’or que les fidèles y appliquent depuis l’arrivée de la statue à Mandalay, en 1857.
Sur la plate-forme de la pagode, un pavillon abrite des statues d’hommes et d’animaux, grandeur nature, du temple d’Angkor Wat : fondues au Cambodge au XIIe siècle, elles y furent volées par les souverains siamois du XVe siècle, puis par les Birmans au roi d’Ayutthaya (Siam) au XVIe siècle, et offertes aux Arakanais au XVIIe siècle avant d’être reprises par Bodawpaya en 1857 : les rapines royales ont vu du pays !
Au long des escaliers d’accès, les marchands proposent tout ce que la région compte d’artisanat : laques de Pagan, coussins et tapisseries brodés (kalaga), statues de teck représentant des personnages religieux (Bouddha ou esprits) ou profanes (musiciens, danseurs).

Mindon, un roi éclairé (1853-1878)
Mindon installa dès 1857 sa capitale à Mandalay et lança son pays sur la voie de la modernisation. Il fit construire des routes et établir un système de communications par télégraphe, fit frapper monnaie, unifia le système des poids et des mesures et réglementa les taxes, les impôts et les salaires. A l’expansionnisme effréné de ses prédécesseurs, Mindon préféra l’ouverture sur le monde, envoyant des ambassades étudier auprès des Européens et demandant l’aide de ces derniers pour mener à bien l’industrialisation du pays. Pieux bouddhiste, il fit édifier plus de 130 monastères de teck, et sa ville accueillit, en 1871, le cinquième concile bouddhique. Souvent comparé à son homologue contemporain au Siam, le roi Mongkut, Mindon fit de Mandalay la capitale culturelle de la Birmanie, statut qu’elle conserve aujourd’hui.

Kuthodaw, une bibliothèque de pierre

Au nord-ouest du Palais royal. Ouvert de l’aube au crépuscule.
Lors du cinquième concile bouddhique, les textes sacrés du Tripitaka, le canon bouddhique, autrement appelé les « Trois Corbeilles », furent minutieusement réétudiés. C’est l’intégralité de ces textes qui est gravée sur 729 stèles, abritées chacune dans un pavillon blanc, tout autour de la plate-forme, et qui vaut à la pagode le titre de « plus grand livre du monde ».

Colline de Mandalay
Au nord du Palais royal. Photos payantes.
Le crépuscule n’est plus ce qu’il était… Si la colline était réputée, jusqu’à ces dernières années offrir le meilleur point de vue pour admirer le couchant sur la ville et le fleuve, les peines de l’ascension à pied y contribuaient sans doute. Aujourd’hui, des pick-up attendent les visiteurs en bas de la colline et un ascenseur les conduit à la pagode qui coiffe la colline ; sur la plate-forme, des sièges ont été installés, qui offrent une vue sur… le Novotel embrumé de pollution urbaine ! Ames bucoliques s’abstenir.

Quartiers des artisans
Au sud de la pagode Mahamuni.
Où voir un bouddha dépouillé de sa majesté, un éléphant blanc en attente de ses défenses ? Dans les ateliers d’artisans de Mandalay. Orfèvres, bronziers, marbriers, sculpteurs de marbre ou de teck, tisserands, fabricants de feuilles d’or… ont chacun leurs quartiers, voire leurs « rues », où ils se regroupent par spécialités, comme dans l’Europe médiévale.

Inter titreEnvirons de Mandalay

Autour de Mandalay s’égrènent les anciennes cités royales, toutes antérieures à la ville de Mindon. Birmanes ou shans au gré des guerres et des victoires royales, elles furent choisies pour la valeur stratégique de leur emplacement ou déménagées sur les sages conseils des astrologues royaux.

Suivez le guide !
Pour vous rendre d’un site à l’autre dans Mandalay, louez une bicyclette. C’est le mode de locomotion favori des habitants de la ville : faites comme eux, la ville est plate !

Amarapura et le pont de teck
A 13 km au sud de Mandalay.
L’ancienne cité royale abrita la cour aux XVIIIe et XIXe siècles, par intermittence avec Inwa, avant de céder la place à Mandalay. C’est aujourd’hui une ville d’enseignement monastique active, qui doit sa célébrité au plus long pont de teck au monde : plus de 900 piliers de teck, faits chacun d’une seule pièce, soutiennent le pont U-Bein sur 1 200 m, franchissant un vaste lac. Piliers et traverses (elles aussi en teck) proviennent d’un ancien palais d’Inwa, la capitale proche. C’est le lieu favori des moines pour leur promenade vespérale, et le meilleur site de la région pour admirer le coucher du soleil.

Inwa
A 20 km au sud-ouest de Mandalay ; 5 min de traversée en barque sur la rivière Myit-nge.
Inwa se niche entre l’Ayeryarwaddy, la Myit-nge, une rivière qui prend sa source aux environs de Lashio (Etat shan, au nord-est), et l’un de ses affluents. Cette situation stratégique séduisit les nouveaux rois shans : lorsqu’ils soumirent les souverains birmans au XIVe siècle, ils délaissèrent Sagaing, capitale de ces derniers, pour installer sur l’île leur propre capitale. Ils y revinrent régulièrement, jusqu’à ce qu’en 1838 un terrible séisme l’endommage irrémédiablement. Des monastères qui fleurirent sur l’île capitale, deux grands complexes du XIXe siècle, l’un en brique, Maha Aung Mye, l’autre en bois, Bargaya, se visitent. Une étrange tour penchée, d’où la vue embrasse l’île et ses frontières aquatiques, permettait de guetter l’ennemi.

Suivez le guide !
Hors des sentiers balisés d’Inwa, d’innombrables stupas et pagodes, dont les pointes ruinées émergent à peine de la végétation qui les enserrent, attendent leurs défricheurs.

Collines de Sagaing
A 20 km au sud de Mandalay. Entrée payante (billet couplé avec celui de Mingun).
Repeintes de couleurs vives à l’occasion du « Visit Myanmar Year 1996 », les grandes pagodes, comme la pagode du moine Sun-U Ponya, au sommet de la colline, ont perdu de leur charme. Une promenade à pied parmi les arbres et les buissons, à la découverte de monuments moins célèbres – ou moins vénérés -, révélera beaucoup plus la beauté du site : elles sont quelque 600 fondations, monastères, pagodes et temples, dont certaines ont été reprises par la végétation, échelonnées sur la colline et desservies par les escaliers et les chemins qu’empruntent les pèlerins. Le monument le plus célèbre est Kaunghmudaw, un stupa blanc de 50 m de haut, hémisphérique, comme ceux du Sri Lanka, et qui représenterait, disent les Birmans, le sein de la favorite d’un roi du XVIIe siècle.

Mingun : la pagode inachevée

A 15 km au nord-ouest de Mandalay, sur l’autre rive de l’Ayeyarwaddy ; 1 h 30 (retour 45 min) de bateau. Entrée payante, (billet couplé avec celui de Sagaing).
Construction pharaonique entreprise par le roi Bodawpaya en 1790, la pagode monte à 50 m de hauteur – et ce n’est que le tiers de la hauteur initialement prévue pour cet édifice qui devait être la plus grande pagode du monde. A la suite d’une funeste prophétie de ses astrologues, disant qu’une fois la pagode achevée le royaume tomberait, Bodawpaya décida d’interrompre les travaux… 
Autre effet de la royale démesure, à 5 min à pied de la pagode, une gigantesque cloche de bronze, la plus grande au monde en état de marche (un homme peut se tenir debout à l’intérieur), était destinée à la pagode de Bodawpaya.

Pagode Hsinbyume
Elle se visite en même temps que la pagode inachevée. Elle date de 1816 et est comme entourée de vaguelettes : sept petits murs crénelés de courbes représentent les océans d’où émergent les sept chaînes de montagnes circulaires (les terrasses de la pagode) qui, comme autant d’anneaux, entourent le mont Meru (représenté par le stupa), centre et axe du monde selon la vision bouddhique de l’univers.

Meiktila
A 150 km au sud de Mandalay.
Ville commerciale et carrefour routier, elle peut constituer une étape pour couper la longue route entre Rangoon et Mandalay.

Inter titreVers l’ouest

Dans la plaine semi-désertique qui s’étend à l’ouest de l’Ayeyarwaddy, plus aride encore que celle de Pagan, pousse l’arbre à « tanaka », d’où provient cette pâte ocre avec laquelle les femmes se maquillent les joues et protègent du soleil la peau de leurs enfants.

Monywa
A 140 km à l’ouest de Mandalay.
Monywa sert d’étape pour des excursions d’une journée ou d’une demi-journée dans les environs. Située sur la rivière Chindwin, c’est, depuis l’époque britannique, une ville administrative et commerciale par où transitent les produits de la région (laques de Kyaukka, cotonnades, haricots et pois, teck) à destination des marchés de Rangoon.

Thanboddhay : du sacré à profusion

A 10 km au sud de Monywa. Entrée payante.
Commencé en 1939 et inauguré en 1952, ce vaste complexe religieux semble la réalisation d’un rêve aussi fou que pieux, où se mêlent allègrement figures de nats et orthodoxes bouddhas. Le stupa, culminant à 45 m, domine une véritable forêt de plus de 800 petits stupas étagés sur les terrasses. Même démesure des chiffres à l’intérieur : près de 590 000 statues de Bouddha dans des niches ornent toute la superficie des murs. Sur la plate-forme entourant la terrasse principale, des colonnes, des pavillons de bois, des bassins, des allées, ornés de motifs floraux ou animaliers, anecdotiques ou mythiques, dans un foisonnement de formes et une profusion de couleurs.

Grottes de Po Win Daung
A 25 km après la traversée de la Chindwin. Entrée payante.
Moins connues que celles de Pindaya, dans l’Etat shan, ces grottes-ci se comptent pourtant par centaines et abritent quelque 400 000 statues, dont les plus anciennes datent du XIVe siècle, ainsi que des peintures murales exceptionnelles, réalisées entre le XVIIe et la fin du XVIIIe siècle : femmes-oiseaux au gracieux sourire, scènes de la vie du Bouddha et des 547 jataka, vie quotidienne aux champs ou à la Cour…

En descendant l’Ayeyarwaddy : Pakokku et Pakhangyi

Depuis Monywa, on peut rejoindre Pagan en longeant la Chindwin puis l’Ayeyarwaddy sur environ 150 km, parmi les cultures de coton, de canne à sucre et de tabac : les paysages sont superbes. Avant d’arriver à Pakokku et Myitchi, villes-étapes qui vivent du tissage du coton et du commerce des produits agricoles de la région, on traverse Pakhangyi, une cité fortifiée du XIXe siècle sur les berges du fleuve. Deux beaux monastères de bois, dont l’un aurait plus de 700 ans, méritent la visite (Ouvert de 10 h à 17 h 30. Entrée payante ). Pagan est un peu plus bas, à deux heures de navigation, de l’autre côté du fleuve.

Inter titreEn amont de la Chindwin

Shwebo : naissance d’un chef
A 110 km au nord-ouest de Mandalay.
Dans cette petite ville du haut pays naquit Alaungpaya, un obscur chef de village qui allait devenir l’un des plus puissants monarques birmans du XVIIIe siècle, fondateur de la dynastie de Konbaung et du troisième empire birman. Il fit de Shwebo, « l’arbre d’or » (sous-entendu le banian sacré), sa capitale, durant les huit ans de son règne (1752-1760).

Jarres de Kyaukmyaung
A 30 km à l’est de Shwebo.
Destinées à stocker l’eau et à la maintenir fraîche, à entreposer et à transporter les aliments en saumure, les énormes jarres en terre vernissée que l’on voit dans tout le pays, dites « jarres de Martaban », viennent en fait d’ici. Tous les ateliers des villages alentour se consacrent à leur fabrication. Les jarres sont ensuite acheminées vers Mandalay par flottage : des bateaux descendent le fleuve en tirant derrière eux de grands radeaux de bambou où elles sont entreposées par centaines. Un spectacle impressionnant !

Suivez le guide !
Attention aux « bonnes affaires » sur les marchés : un rubis reste cher ; s’il ne l’est pas, c’est qu’il est… synthétique !

Mogok, la « vallée des rubis »
A 150 km au nord-est de Shwebo. Zone d’accès restreint: l’excursion requiert un permis (à payer en $) délivré par le MTT et l’accompagnement d’un guide officiel. Escortes militaires et contrôles réguliers des passeports et des permis.
La « vallée des rubis » décrite par Joseph Kessel montre ses mines à ciel ouvert. A l’aide de puissantes lances alimentées par des pompes au diesel, les ouvriers lessivent la terre au jet et filtrent l’eau qui s’écoule dans des rigoles aménagées. Aux mains des Britanniques de 1880 aux années 1930, le commerce des gemmes est aujourd’hui monopole d’Etat. Mais la vallée de Mogok n’a pas les éclats de paradis auquel le mot « rubis » fait penser : hommes et femmes charriant 10 h par jour, sous un soleil de fournaise, des tonnes de terre lessivée, dans un paysage dévasté par les cratères et traversé par les pipe-lines d’eau, mineurs descendant dans les puits dans des conditions dignes des mines de charbon de la France du XIXe siècle : pour être intéressant, le spectacle n’en demeure pas moins dénué d’enchantement. Moins oppressants à voir sont les ateliers de taille et de polissage des pierres trouvées sur le site, aussi bien rubis que saphirs, que l’on retrouve plus tard sur les trois marchés de la ville.

Inter titreAu nord, l’Etat kachin

Toutes les villes du Nord se trouvent en zone d’accès restreint, sous contrôle militaire : demander un permis spécial (taxe d’Etat payable en $) auprès du MTT de Rangoon. Accès par la route interdit : accès par avion, bateau ou train, sur présentation du passeport, du visa et du permis.

Vers les sources de l’Ayeyarwaddy
L’Ayeyarwaddy est la « rivière de l’Eléphant » (aira-vati en sanscrit), animal prestigieux s’il en fut aux yeux de tous les souverains birmans : pour lui, on déclarait des guerres, et c’est à lui qu’allaient les plus somptueuses parures d’or, de rubis et de diamant – surtout s’il était blanc.

Bhamo, terminus fluvial
A 600 km au nord-est de Mandalay, par avion ou bateau.
On entre en terre kachin. Ici s’arrête la croisière fluviale vers le nord ; proximité de la Chine oblige, le cours supérieur de l’Ayeyarwaddy est interdit à la navigation autre que de commerce local.

Suivez le guide !
Avant l’arrivée à Bhamo, penchez-vous sur le fleuve : peut-être aurez-vous la chance d’y apercevoir des… dauphins !

Myit-kyina, la ville du jade
A 780 km au nord de Mandalay, par avion ou train.
La capitale de l’Etat kachin, bâtie il y a un siècle, vit du commerce du jade, exploité aux alentours. Pour sa particulière pureté, le jade de Myitkyina a toujours fait l’objet de la convoitise des Chinois. Aujourd’hui, si les rubis de Mogok sont soumis à monopole d’Etat, le commerce du jade se trouve sous le contrôle exclusif des grands patrons chinois. Les hôtels peuvent organiser des excursions vers les mines de jade, moyennant une nouvelle autorisation délivrée par les militaires.

Myit-son, berceau de l’Ayeyarwaddy
A 860 km au nord de Mandalay.
Nmai-Hka la Terrible et Mali-Hka, la Douce, les deux rivières qui se rejoignent ici, donnent naissance au fleuve Ayeyarwaddy : on a du mal à deviner, dans ces eaux claires bordées de plages de sable, le puissant fleuve aux eaux marron qui traverse tout le pays et s’épanouit 2 000 km plus bas en un vaste delta.
La région de Myit-son, comme tout l’Etat kachin, porte l’empreinte desmissionnaires baptistes qui vinrent la christianiser au XIXe siècle : de sobres églises blanches montées sur pilotis ont succédé, dans le paysage, aux pagodes.

Suivez le guide !
Le 10 janvier, ne manquez pas le manao de Myit-kyina, grande cérémonie animiste semblable aux festivals de nats du centre du pays.

Putao
A 280 km au nord de Myit-kina. Accès en avion seulement.
C’est la ville la plus septentrionale à laquelle on puisse accéder. La région est en effet une zone hautement stratégique, et des plus sensibles: à quelques dizaines de kilomètres plus au nord se trouve une délicate ligne de frontière entre la Chine et l’Inde, ces deux empires qui se regardent depuis des siècles et rêvent chacun de dévorer l’autre… Putao est également la ville où tout alpiniste rêve du jour où il pourra accéder aux neiges éternelles du Hkakabo Razi, sur le Triangle des Glaces, point culminant de toute l’Asie du Sud-Est, à 5 881 m.