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La plaine de Pagan

 


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Balloons over Bagan © Juan de Dios Santander Vela

Cœur historique et religieux du pays, la plaine de Pagan fut le berceau de deux grands courants de civilisation : celle, fort ancienne, des Pyu, dont l’histoire a conservé peu de traces, et celle des Birmans, à qui Anawratha, le grand roi bâtisseur, conféra son heure de gloire au XIe siècle, lorsqu’il lança, sous le signe du gigantisme, la campagne de construction des plus vastes fondations bouddhiques jamais imaginées.

Inter titreDe Rangoon à Pagan

Pyay
A 280 km au nord de Rangoon ; 6 h de route.

Située sur l’Ayeyarwaddy, à mi-chemin entre haute et basse Birmanie, Pyay, ancienne Prome, vit essentiellement du commerce fluvial, dont l’essor remonte à la colonisation britannique.

Pagode Shwesandaw
Bâtie sur une colline au cœur de la cité, elle dresse son stupa à 60 m de hauteur. On accède à la plate-forme par un ascenseur. Tout autour du stupa d’or, des salles de repos accueillent les pèlerins ; dans d’innombrables petites chapelles, on prie, qui un saint personnage bouddhiste, qui un esprit protecteur.
Le festival de la pagode se tient à la pleine lune de novembre. C’est le temps de la fête des Lanternes, où des milliers de lumières commémorent le retour sur terre du Bouddha et la fin des trois mois du carême bouddhique. Des jeunes filles entreprennent un concours de tissage de robes rouges, offertes aux moines à la fin des festivités.

Shwedaung
A 11 km au sud de Pyay.
Au sommet de la colline de Shwedaung, une pagode abrite une grande statue du Bouddha… portant des lunettes dorées. Dans des vitrines s’alignent les dizaines de paires de lunettes offertes en remerciement par les dévots dont les yeux furent « guéris par le Bouddha de Shwedaung ».

Suivez le guide !
Retournez à Shwesandaw à la nuit tombée, lorsque guirlandes clignotantes et spots de couleurs plongent la pagode dans une féerie à la Walt Disney.

Sri Kshetra : l’âge d’or des Pyu
A 15 km au sud-est de Pyay. Entrée payante.
La dernière capitale des Pyu aurait été fondée vers le Ve siècle, peu après la chute de Beikthano. Les Pyu occupèrent la région jusqu’au IXe siècle, époque à laquelle la montée en puissance des Môn mit un terme à leur civilisation. Trois grands stupas du VIIe siècle témoignent de leur histoire.
Le plus connu, de la forme d’un œuf de 50 m de haut, se trouve juste à la sortie de Pyay, sur la route de Sri Kshetra, suivi, quelques kilomètres plus loin, d’un autre stupa ovoïde.
Plus difficile d’accès, une grande tour cylindrique régulière présente une forme que l’on ne retrouve pas dans l’architecture birmane ultérieure. Elle est entourée de plusieurs stupas de forme cubique, eux aussi spécifiques de la région pyu.
A l’entrée de la zone archéologique proprement dite, dans le village de Hmawza, un petit musée(s’il est fermé, s’adresser à la première boutique du village. Entrée payante) abrite les objets découverts lors des fouilles archéologiques et de la restauration des stupas : tablettes votives, basreliefs décoratifs et statuettes en terre cuite, mêlant influences bouddhistes et hindouistes.

Beikthano, la ville de Vishnou
A 70 km à l’est de Magway ; 140 km au nord de Pyay.
Beikthano, aliasVishnupura (Peikthano-myo), signifie « la ville de Vishnou ». Antérieure à Sri Kshetra, elle est l’autre grand site historique de la période pyu, bien que nettement moins impressionnant. Seules subsistent en effet les fondations d’un ancien palais, que les archéologues datent des IVe-Ve siècles de notre ère, époque où les Pyu auraient abandonné le site pour gagner celui de Sri Kshetra.

Des bâtisseurs venus d’Inde
Sri Kshetra est le nom sanscrit d’une ville que l’on trouve parfois sous le nom de Thayekhettaya. Comme celui de Beikthano, son nom rappelle l’influence qu’eut la culture hindoue sur celle des Pyu. Des formes architecturales semblables à celles qui existent sur les côtes indiennes de l’Orissa, des représentations brahmaniques dans la statuaire, les noms indiens que portaient les rois pyu, tels qu’on a pu les déchiffrer sur leurs urnes funéraires : autant d’éléments qui corroborent la thèse selon laquelle les Pyu seraient venus des confins du Bengale avant de redescendre le cours de l’Ayeyarwaddy.

Inter titrePagan

Rive est de l’Ayeyarwaddy, à 690 km au nord de Rangoon (14 h de route) ; 300 km au sud de Mandalay (5 ou 6 h de route). Entrée payante pour l’ensemble de la zone archéologique. Pour chaque monument, se déchausser à l’entrée de l’enceinte. Prévoir chapeau et lampe de poche.
Sur plus de 40 km2 d’une terre aride, où seuls les cactus et les palmiers à sucre amènent une touche de verdure, la zone archéologique de Pagan regroupe quelque 2 000 temples et pagodes encore debout, sur les 6 000 que compta le site jusqu’au XVIIIe siècle (4 millions, dit la légende) – parmi lesquels de nombreux monastères de teck qui, au fil des incendies et des moussons, furent anéantis. Les monuments les plus importants furent bâtis entre les XIe et XIIIe siècles. C’est au roi Anawratha (règne 1044-1077), premier unificateur du pays et instigateur du bouddhisme du Petit Véhicule comme religion officielle, que l’on doit les vrais débuts de cette pharaonique entreprise de construction. L’empire de Pagan, après plus de deux siècles de conquêtes et de gloire, sombra sous les coups des envahisseurs mongols de Kubilaï khan, en 1287. L’ensemble de la zone, qui n’a d’équivalents au monde que les sites de Borobudur, en Indonésie, et d’Angkor Wat, au Cambodge, tous deux ses quasicontemporains, est classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Nyaung-U
Village au nord du site de Pagan.

Shwezigon, la quatrième pagode d’or
A la sortie sud de Nyaung-U.
Cette pagode, l’une des plus sacrées de Birmanie avec Shwedagon (Rangoon), Shwemawdaw (Bago), Mahamuni (Mandalay), Shwesandaw (Pyay) et le rocher d’Or, s’élève sur un site choisi par l’éléphant blanc d’Anawratha. Elle fut achevée par Kyanzitta, le successeur du grand roi, autre bâtisseur important de Pagan. En haut de chacun des quatre escaliers d’accès se tient un bouddha debout en bronze d’environ 4 m.
A la base du stupa revêtu d’or (shwe signifie « or »), trois terrasses carrées superposées s’ornent, sur tout leur pourtour, de plaques émaillées de vert illustrant les scènes les plus fameuses des 547 vies antérieures du Bouddha, contées dans les Jataka. Aux huit coins de la première terrasse sont plantés les piliers planétaires où veillent les animaux dédiés aux huit jours de la semaine.
Sur la plate-forme se succèdent chapelles et pavillons abritant des saints ou des esprits locaux. Derrière le petit jardin, des barrières de bois dessinent un labyrinthe initiatique à l’usage des pèlerins.
Dans ce grand lieu de pèlerinage bouddhique, toujours en activité, on vient également vénérer les nats, les 37 esprits officiels, dont les statues voisinent sans encombre avec les images bouddhistes plus orthodoxes.

Kyanzitta Umin, un temple sous la terre
A côté de l’enceinte de la pagode Shwezigon. Se munir d’une lampe de poche.

Le terme birman umin désigne une grotte artificielle, un caveau. Comme tous les temples-grottes, ce sanctuaire souterrain servait de refuge aux moines lors des grosses chaleurs qui accablent la région de mars à juin. Il conserve de belles fresques datant des XIe et XIIIe siècles.

Marché
Au nord de la place principale. A visiter le matin.
Proposant aussi bien des objets d’artisanat que des produits destinés à la consommation locale, il offre plus d’authenticité que le Bogyoke Market de Rangoon ou le grand marché du lac Inle. On y trouve de belles chemises de coton et de soie mêlés, des longyi traditionnels, des laques (sensiblement plus chers que dans les ateliers de production), des poids à opium en bronze… à côté des échoppes de haricots et de poisson séché.

Suivez le guide !
Pour découvrir les temples à votre gré, louez une bicyclette. Attention aux heures chaudes ! Pause conseillée de 11 h à 15 h.

Wetkyi-in
A 1,5 km au sud de Nyaung-U.

Htilominlo, ou la démesure
Sur la route du Vieux Pagan, côté gauche.
Majestueux temple de brique dont les façades ont conservé de magnifiques décors stuqués et des plaques d’émail vert, Htilominlo porte le nom du roi qui le fit édifier, en 1211. Tout y est démesuré : ses deux étages en terrasses, qui montent à près de 50 m, sa largeur (environ 45 m de côté pour la terrasse inférieure), son déambulatoire percé de fenêtres et dont les voûtes sont d’une hauteur impressionnante.
De l’autre côté de la route, Upali Thein est une salle d’ordination (c’est le sens du mot thein) monastique au toit incurvé qui conserve des fresques du XVIIIe siècle.

Suivez le guide !
Louez une calèche à cheval pour savourer Pagan sans effort. Si le cocher parle anglais, il saura commenter la balade.

Vieux Pagan, cœur du site
A 5 km au sud de Nyaung-U.
Tintement des cloches des bœufs à l’aube et au couchant, retour de corvée d’eau dans des nuages de poussière… c’est seulement lors des grands festivals de pagodes que Pagan retrouve un peu de son atmosphère d’avant 1990, date à laquelle les autorités de Rangoon « déplacèrent » le village vers la cité nouvelle (myo thit).

Portes de la ville
A la sortie du vieux Pagan, lorsque l’on vient de Nyaung-U, se dressent les restes les mieux conservés des premiers remparts, qui furent élevés sous le règne d’Anawratha : ils datent du règne de Pyinbya (846-878), qui, en l’an 849, fédéra les villages des environs et entreprit de les protéger par ces fortifications. Du haut des remparts, la vue plonge sur les douves censées arrêter d’éventuels assaillants.
C’est toujours par la porte d’origine, appelée Sarabha, que l’on pénètre dans Pagan. De part et d’autre de l’arche, des niches abritent les deux « nats » protecteurs de la cité, le Beau Forgeron Min Mahagiri, « Seigneur de la Grande Montagne », et sa sœur, Shwe Myethana, celle qui porte un « Visage d’Or ».

Ananda, un temple himalayen
Le temple le plus prestigieux de Pagan se reconnaît entre tous à son « sikhara » couvert d’or, une tour sanctuaire à quatre façades de style indien, dressée au-dessus de trois terrasses de taille décroissante chaulées de blanc.
La blancheur du temple rappelle ses origines : il serait la réplique exacte d’un temple bouddhique des hauteurs himalayennes, que des moines indiens, en visite à la cour de Kyanzitta, fils et second successeur (1084-1112) d’Anawratha, avaient fait apparaître aux yeux du roi par la force de leur concentration. Ebloui par cette vision, Kyanzitta voulut avoir en sa cité un temple de pareille beauté : c’est ainsi qu’Ananda domine désormais la plaine, féerique lorsqu’il émerge des brumes de l’aube.
S’étant effondré lors du violent séisme qui secoua la plaine en 1975, le sikhara révéla le trésor de fondation de la pagode, qui y fut à nouveau enchâssé lors de la restauration du monument.

Thatbinnyu, un sommet sur la plaine
Massif, c’est le temple le plus haut de Pagan (67 m). Œuvre d’Alaungsithu (1112-1167), fils et successeur de Kyanzitta, le « temple de l’Omniscience » est, comme Ananda, régulièrement blanchi à la chaux et surmonté d’un sikhara reliquaire de style indien.

Temples-pyramides : Dhammayangyi et Sulamani 
Ce sont les plus imposants du site avec celui de Htilominlo. Ils datent du dernier quart du XIIe siècle (vers 1170). Grâce au déambulatoire percé de fenêtres sur deux niveaux, l’intérieur du Dhammayangyi bénéficie des jeux de lumière d’un éclairage naturel. Le centre du temple est muré, pour des raisons restées mystérieuses. Selon certains, il recélerait un trésor de fondation. D’autres font état d’une sombre histoire de règlements de comptes familiaux, en s’appuyant sur la sinistre biographie de son constructeur, le roi Narathu (1167-1170), qui fit assassiner son père Alaungsithu et son frère aîné afin de s’emparer du trône, puis, soucieux de la colère des esprits, entreprit l’édification du Dhammayangyi pour tenter de se faire pardonner ses crimes.
Sulamani s’ouvre aux points cardinaux par quatre belles portes en ogive, chacune gardée par une grande statue de Bouddha. Dans un état de conservation étonnant, un magnifique cycle de peintures murales du XVIIIe siècle court tout au long du déambulatoire. Si les photos au flash ne sont pas (encore) interdites, il faut tout de même savoir qu’elles endommagent gravement un patrimoine hors du commun. Les plafonds conservent les traces de fresques plus anciennes, dont les motifs géométriques se distinguent nettement des représentations figuratives des murs.

Grand stupa : Mingalazedi

De brique, dressé sur trois terrasses carrées qu’ornent des plaques émaillées de « jataka », il offre de superbes points de vue au crépuscule.

Bupaya, les Pyu du bord du fleuve
Bien qu’entièrement reconstruit au lendemain du séisme de 1975, Bupaya, édifié sur la rive de l’Ayeyarwaddy et entouré de jardins, n’en conserve pas moins beaucoup de charme. Même si les historiens démentent la légende qui fait remonter Bupaya au règne de Pyusawti (162-243), ils s’accordent à penser que l’édifice est de facture beaucoup plus ancienne que les monuments voisins, puisqu’ils le datent du VIIe siècle, expliquant ainsi l’influence pyu de sa forme en bulbe. Le nom même de Pagan dériverait du terme Pyugama, signifiant « village des Pyu », terme ayant au cours des siècles évolué en « Pyugam », puis « Pugan », et enfin « Pagan » (Bagan dans la nouvelle transcription).
Le bulbe du stupa se dresse au sommet d’une terrasse blanche aux huit côtés crénelés, dont la base se trouve à même les berges de l’Ayeyarwaddy. Sa situation faisait de Bupaya un point de repère pour les navires : le stupa permettait aux marins de se situer par rapport rapport aux bancs de sable, qui rendaient la navigation dangereuse en période de basses eaux.

Le festival d’Ananda
Quand la pleine lune de janvier illumine le ciel, Ananda vit au rythme de la fête 15 jours et 15 nuits durant. En quelques heures, avec une agilité étonnante, les hommes montent des charpentes de bambou et les recouvrent de toile : les abords de la pagode sont transformés en un immense marché de nuit, où les marchands venus de toutes les provinces avoisinantes vendent fruits et légumes, vêtements ou jouets. D’autres tentes accueillent des spectacles de danse, des concerts mi-rock mi-musique traditionnelle, des théâtres de marionnettes. Le couloir d’accès du temple a aussi ses marchands d’animaux de papier mâché et d’images pieuses, d’amulettes et de portebonheur. La plaine de Pagan s’anime à nouveau pour le festival de Shwezigon, à la pleine lune de novembre, et lors de la pleine lune de février, où c’est au tour du temple de Manuha de célébrer son festival annuel.

Myinkaba
A 1,5 km au sud du vieux Pagan.

Manuha, le temple du roi prisonnier

Manuha, le roi des Môn, fut emmené en déportation à Pagan après la prise de Thaton, sa capitale, par Anawratha, en 1057. Là, il vendit la plupart de ses richesses pour faire édifier ce temple, achevé deux ans après son exil forcé. Trois bouddhas assis et un bouddha couché long de 20 m, entrant dans le nirvana, y furent bâtis, dans des proportions qui semblent d’autant plus colossales qu’un très mince passage est laissé entre les statues et les murs de l’édifice. Par l’impression d’étouffement qui se dégage de l’ensemble, unique en son genre, Manuha, dont le bouddha couché porterait les traits, exprime symboliquement la douleur que la captivité faisait naître en lui. 

Nanpaya, un détour par l’Inde
Nanpaya se distingue également par son iconographie : les bas-reliefs montrent des divinités hindoues, probable influence de la culture môn, avec, notamment, une belle représentation de Brahma, le dieu créateur, et d’un oiseau Hintha, esprit tutélaire de l’ancienne capitale môn Bago.

Peintures de Kubyaukgyi

Sur les murs du déambulatoire, des peintures retracent les épisodes les plus fameux des vies antérieures du Bouddha, ses faits et gestes historiques, ainsi que les moments forts de la vie religieuse du début du XIIe siècle – date de l’édification du temple. Tout comme le Nanpaya se rattache à l’hindouisme, la présence dans l’iconographie du Kubyaukgyi de bodhisattva, ces êtres d’Eveil vénérés dans le bouddhisme du Grand Véhicule et théoriquement absents du Theravada (bouddhisme du Petit Véhicule) rappelle qu’aux premiers temps de Pagan la coexistence des mouvements religieux restait vivace.

Ateliers de laque de Myinkaba
Le village de Myinkaba perpétue la tradition du laque, un artisanat ancestral en haute Birmanie. Les artisans tiennent leurs ateliers librement ouverts à la visite. La création d’un objet demandant trois à six mois selon sa complexité et son nombre de couleurs, toutes les étapes du processus sont menées en parallèle : on assiste en quelques instants au travail de longues semaines, tressage, enduit, polissage, gravure, application des couleurs. On peut acheter directement plateau à thé, bol, vase, animaux laqués ou service à bétel. Les prix sont souvent inférieurs à ceux pratiqués sur les marchés et bien plus raisonnables que dans les échoppes de la capitale.

Les artisans laqueurs
La laque est une résine naturelle qui noircit en séchant. Six mois de travail donnent le laque, traditionnellement un plat ou un récipient, protégé par cette résine. Les objets les plus précieux utilisent du crin de cheval en guise d’armature, les plus courants un tressage serré de tiges de bambou. Cette fine architecture est d’abord recouverte de résine et séchée en cave à température constante, cela plusieurs fois jusqu’à ce que la laque atteigne une épaisseur suffisante pour estomper les aspérités de l’armature et pour pouvoir être gravée. La résine, une fois devenue noire, est poncée et polie. A l’aide d’un stylet, on y grave un motif que l’on recouvre de teinture rouge. Nouveau séchage, nouveau ponçage : le noir reparaît, le rouge ne demeure que dans les parties évidées par le stylet. Les opérations sont répétées autant de fois qu’il y a de couleurs. Utilitaire avant d’être esthétique, le laque tire de son armature souplesse, solidité et résistance aux chocs, à l’eau et à la chaleur.

Suivez le guide !
Mondaing, le nat des Tempêtes, gardien de Bupaya, appréciera une offrande d’encens pour protéger les navires descendant le fleuve. 

Suivez le guide !
Lorsque le soleil commence à taper dur, des langues de sable au long du fleuve offrent une agréable halte fraîcheur.

Nouveau Pagan

A 8 km au sud du vieux Pagan.
Le village de Bagan Myothit, le « nouveau Pagan », n’offre pas grand charme, ayant été construit à la va-vite et sans moyens par les populations qui vivaient, jusqu’en 1990, parmi les temples du vieux Pagan.

Lawkananda, gardien du Sud
Au bord de l’Ayeyarwaddy, la pagode marque la borne sud de l’enceinte conçue par Anawratha pour délimiter la cité royale et religieuse. Construite au début du règne de celui-ci, elle était destinée à abriter une réplique de la Dent du Bouddha conservée à Kandy (Sri Lanka). Avec Bupaya, Lawkananda est l’un des lieux les plus agréables pour un crépuscule au bord du fleuve, avec le tintement des clochettes de l’ombrelle, au faîte du stupa d’or.

Inter titreAutour de Pagan

Les environs de Pagan se visitent à l’occasion d’excursions d’une matinée ou d’une journée.

Mont Popa, demeure des « nats »

A 60 km au sud-est de Pagan. Parking à mi-hauteur de la colline, au bas des escaliers.
Les 37 nats (esprits) officiellement reconnus par le bouddhisme birman ont élu domicile sur cet ancien volcan haut de 1 500 m. Aux grandioses et austères temples de brique de la plaine, Popa oppose un charme délicieusement kitsch. Dans une grande salle à mi-hauteur de la colline, 37 statues d’environ 2 m de haut s’alignent dans un chatoiement d’or et de tulle vert pomme ou rose fuchsia : si le rouge et le blanc sont les couleurs traditionnellement dédiées aux « nats », la ferveur populaire les pare plus volontiers de couleurs le plus vives possible.
Les escaliers qui mènent à la première plate-forme sont bordés de boutiques qui vendent notamment une impressionnante pharmacopée traditionnelle à base de racines, de poudres, de pierres, de peaux de serpent et d’animaux séchés. Une seconde volée d’escaliers, plus raides, où les macaques ont remplacé les marchands, conduit au sanctuaire du sommet. Là, d’autres nats trônent dans des salles de prières aux couleurs pastel.

Suivez le guide !
La vue sur la plaine depuis le sommet du mont Popa est particulièrement belle au sortir de la saison des pluies, d’octobre à décembre, quand la région est encore verte.

Salay
A 45 km au sud de Pagan. Entrée payante.
Situés à l’écart de la ville, les monastères de pierre et de bois bâtis à Salay, l’une des cités sacrées de la plaine sèche, sont contemporains de ceux de Pagan : la plupart datent des XIIe et XIIIe siècles. Peu défriché, pas encore restauré car plus éloigné des routes touristiques, Salay reste plus sauvage que Pagan.
Un superbe monastère de bois(situé en dehors du village. Ouvert de 10 h à 17 h. Entrée payante) de la fin du XIXe siècle, reposant sur plus de 150 piliers de teck massif, a échappé aux flammes qui ravagent régulièrement la région. Ses plafonds à caissons peints protègent un musée des objets préhistoriques et religieux trouvés dans la région.

Les esprits de Popa
Au XIe siècle, Anawratha impose le bouddhisme theravadin comme religion d’Etat, et veut faire interdire le culte populaire des esprits (nats), une croyance animiste profondément ancrée dans l’âme du peuple. Cet interdit ne fait que transformer les pratiques habituelles en des pratiques occultes. Le roi, comprenant qu’une religion cachée peut s’avérer dangereuse, restaure donc le culte des nats, à la condition expresse que ces derniers fassent acte d’allégeance au Bouddha. Il réglemente par ailleurs le nombre des esprits protecteurs, qu’il fixe à 37, y compris Thatgyamin, déclaré « roi des nats ». C’est pourquoi l’on trouve, dans l’enceinte des pagodes de tout le pays, des autels dédiés aux nats, que la ferveur populaire n’oublie jamais dans ses offrandes. Paradoxalement, Mae Wunna, la dame aux voiles verts élue reine de Popa, ne compte pas au nombre officiel des 37.