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Un pays, une histoire, des Hommes

La société de la Birmanie


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 Scènes de vie en Birmanie

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Birmania © Carlos Matos Au début du IIIe millénaire, la Birmanie paie la rançon de près d’un demi-siècle d’une dictature absolue : une économie ruinée, des ressources naturelles pillées, une vie culturelle sous censure, une population réduite au silence en dressent le triste constat. Ce qui n’empêche pas les Birmans de garder le sourire et de livrer les trésors d’une culture millénaire : vivant au rythme des semailles et des moissons, ils ponctuent l’année de réjouissances mi-religieuses, mipaïennes. Chaque nuit de pleine lune donne le signal d’une fête nouvelle, où théâtre de marionnettes, danses et chants célèbrent un anniversaire bouddhique, le retour des moussons, une commémoration d’esprit, ou encore la fin d’un cycle agricole.

Inter titreEconomie

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Birmanie était l’un des pays les plus prometteurs d’Asie du Sud-Est. Après le coup d’Etat de 1962, Ne Win entend isoler le pays du reste du monde et conduit, jusqu’en 1988, une politique d’autarcie. Loin de faire de la Birmanie l’un des nouveaux « dragons » de l’Asie, le régime l’a ramenée au rang de l’un des pays les plus pauvres du monde.

Agriculture : l’ex-grenier à riz

Même si la production s’est littéralement effondrée depuis le temps où les Britanniques avaient fait de la Birmanie le grenier à riz de la planète, au point que l’ex-premier exportateur au monde a dû, ces dernières années, importer du riz pour satisfaire sa propre consommation, l’agriculture reste néanmoins la principale activité du pays, occupant les trois quarts de la population.
Outre le riz, la Birmanie développe la culture de la canne à sucre, du sésame (pour la production d’huile), du maïs, des haricots, du thé et… de l’opium.

Un bilan naturel désastreux

Malgré des ressources naturelles en quantité, la Birmanie est au bord de la faillite économique. Les récoltes de riz, portées à deux ou trois par an, et la pratique de l’agriculture sur brûlis ont épuisé les sols. La surexploitation des bois durs, teck et bois de fer, condamne les forêts tropicales à brève échéance, et les effets de la déforestation sur l’équilibre écologique de la région commencent à se faire sentir : disparition d’espèces animales qui ne peuvent survivre à la destruction de leur environnement naturel, rupture des chaînes écologiques, etc. Les mines d’or, de rubis, de saphir, de jade, viennent à leur tour à épuisement.

Une industrie handicapée
Outre la faiblesse du réseau routier et ferré et l’insuffisance du parc de machines et d’usines, qui grèvent les infrastructures de production, l’industrie est en butte, depuis les années 1990, au boycott des pays occidentaux et du Japon. Ces derniers tentent en effet d’user de pressions économiques pour amener la junte en place à reconnaître le résultat des élections de 1990, remportées par la Ligue nationale pour la démocratie, et à cesser de bafouer les droits de l’homme, par le recours, entre autres, au travail forcé et à la détention pour délit d’opinion. L’Occident relaie ainsi l’appel lancé en 1996 par Aung San Suu Kyi elle-même, qui voit dans les investissements étrangers, premier apport de devises, un soutien direct et puissant à la junte militaire.

Le tourisme et l’opium
La volonté progressive de libéralisation de l’économie depuis 2005 s’est traduite par une forte hausse des prix (40% pour le riz, 70% pour l’essence) qui a conduit aux soulèvements de septembre 2007, menés par les bonzes et violemment réprimés.
Outre l’exportation de gaz naturel et de pétrole, la main-mise étatique sur les structures d’accueil des touristes (hébergement sous licence, transports payables en devises) assure au gouvernement l’une de ses principales sources de revenus.
D’un autre côté, la Birmanie, qui dispute à l’Afghanistan la place de premier producteur d’opium au monde, a fermé les yeux sur l’implantation de raffineries destinées à transformer l’opium en héroïne avant de la déverser sur les marchés occidentaux. C’est là, très officieusement, sa plus importante source de devises.

Inter titreInstitutions politiques et administratives

Rangoon, l’Ayeyarwaddy, Bago, Magway, Mandalay, Sagaing et le Tanintharyi forment les sept divisions de l’Union de Birmanie, qui répondent aux sept Etats reconnus des Birmans, des Chin, des Kachin, des Shans, des Karen, des Môn et des Arakanais. L’administration est celle d’un pays éclaté, où les rébellions ethniques contre le pouvoir en place se doublent de rivalités interethniques.

Un pouvoir centralisé

Le chef de l’Etat, le général Than Shwe, est en même temps chef du « gouvernement » et ministre de la Défense. C’est dire que Tatmadaw (le nom de l’armée) est le véritable chef de l’Etat et le moteur du pouvoir en place. La quasi-totalité des ministères sont tenus par des militaires de haut rang, et c’est l’armée encore qui, dans un pays privé de Constitution, tient les rênes de la justice, comme elle garde la main haute sur toutes les productions, importations et exportations du pays. La dictature que connaît la Birmanie depuis 1962 est reconnue comme l’une des plus répressives au monde, avec celle de la Corée du Nord.

Inter titrePopulation

Ceux des montagnes et ceux des plaines, les chasseurs et les cultivateurs, ceux de la Chine et ceux de l’Inde… sept ethnies principales se subdivisent en 135 sous-groupes ethniques qui possèdent chacun leurs particularités, leur histoire, souvent leur dialecte.

Les Birmans
Majoritaires en nombre puisqu’ils forment 70 % de la population, les Birmans ne sont que l’une des composantes ethniques du pays. Ils occupent, par tradition historique, le centre du pays, de Rangoon au nord de Mandalay. Les hommes de Mien ou de Mya que décrit Marco Polo furent appelés, au fil de l’histoire, Mranmâ, Bamar ou Myanmâ, ce qui laisse douter du bien-fondé de la nouvelle appellation du pays, adoptée en 1989 : le nom de Myanmar, censé fédérer toutes les ethnies, ne signifie en fait rien d’autre que « Terre des Birmans ».

Les Shans
Comptant 7 % de la population, les Shans ont marqué l’histoire de leurs luttes perpétuelles contre les Birmans dans une commune volonté de s’assujettir le pays. Vivant sur les plateaux de l’est et du nord-est du pays, aux frontières de la Thaïlande, du Laos et de la Chine, les Shans, nommés Siam en Thaïlande et Cham en Chine, ont des frères dans ces trois pays, et les frontières politiques ne recouvrent pas les limites de leur territoire. Comme d’autres ethnies luttant pour l’indépendance de leur Etat, les Shans mènent régulièrement des mouvements de rébellion contre le pouvoir en place, ce qui, avec la proximité des champs de pavot du Triangle d’or, explique qu’une partie de leur territoire reste fermée aux regards étrangers.

Les Karen
Seconde ethnie du pays en nombre, les Karen vivent tout au long de la frontière thaïlandaise, autour de Hpa-An, leur capitale. Après des décennies de conflit contre le pouvoir en place, sur fond de revendication indépendantiste et de lutte pour la démocratie, les Karen bouddhistes ont fait allégeance au régime et mis fin aux actes de rébellion. Les Karen chrétiens, en revanche, continuent la lutte depuis les forêts où ils ont trouvé refuge, en bordure de la frontière thaïe. Leurs dramatiques conditions de vie dans les camps de réfugiés, de l’autre côté de la frontière, où ils sont soutenus par les organisations humanitaires et le Haut Commissariat aux réfugiés, défraient régulièrement la chronique dans la presse internationale.

Palaung et Padaung : anneaux de bambou et anneaux de bronze

Les femmes palaung portent aux hanches des cerceaux de bambou ; les femmes padaung, elles, allongent leur cou d’anneaux d’or ou de bronze qui leur valurent le nom de « femmes-girafes ». Sous-groupe de l’ethnie shan pour les premières, de l’ethnie karen pour les secondes, Palaung et Padaung vivent chacune à leur manière la dérive des traditions au contact du monde moderne. Au marché palaung, le batik imprimé remplace le htamein tissé à la main, le plastique attire davantage que le bambou tressé. Au village, on attend l’électricité pour remiser les bougies, et l’eau courante pour oublier la corvée au puits. C’est l’inverse pour les Padaung, dont les traditions sont remises au goût du jour pour… le tourisme. Aux femmes et aux fillettes, on impose de remettre les lourds anneaux, dont l’usage se perdait. On les exhibe dans des spectacles « folkloriques », avec droit d’entrée en dollars et taxe sur chaque photo.

Les Môn
Originaires de Chine, les Môn constituent le peuple le plus anciennement installé sur le sol de l’actuelle Birmanie (après les Pyu, dont l’ethnie n’a pas subsisté). Comme par le passé, ils occupent une bonne partie du Tanintharyi. Leur génie architectural, fortement influencé par l’art indien, à la suite des échanges commerciaux qu’ils entretinrent avec ces terres occidentales, a imprégné la civilisation birmane de Pagan. Les Môn furent en effet massivement déportés à Pagan après les conquêtes d’Anawratha, au XIIe siècle, et leurs artistes furent mis à contribution dans l’édification de la nouvelle cité religieuse.

Les Arakanais
Autrement appelés Rakhines, les habitants de l’Etat d’Arakan, frontalier avec le Bangladesh, n’ont rejoint la Birmanie qu’au XVIIIe siècle. Séparés du cœur du pays par l’infranchissable chaîne des monts d’Arakan, ils étaient auparavant tantôt indépendants, tantôt rattachés aux Indes, vers lesquelles se tournent leurs côtes ; d’où leur sentiment de posséder une identité culturelle propre et leur constante revendication d’indépendance territoriale. Aux Arakanais bouddhistes se mêle la communauté musulmane, d’origine bengali, des Rohingyas, qui a toujours fait, et continue de faire, l’objet de répressions violentes de la part de la junte militaire, qui se refuse à les compter dans les 135 groupes ethniques de Birmanie.

Les Chin et les Kachin
Vivant dans des zones interdites d’accès par les militaires, dans les confins septentrionaux du territoire, les Chin et les Kachin sont peu connus. Christianisées par les missionnaires baptistes au XIXe siècle, ces deux ethnies montagnardes n’en continuent pas moins de pratiquer des cultes animistes d’esprit chamanique. Ces agriculteurs surent s’adapter au relief et à l’altitude, et cultivent sur brûlis. Les Kachin, frontaliers de la Chine, y troquent le jade de leurs mines contre des armes destinées à supporter leur rébellion contre le pouvoir en place.

Inter titreReligion

Les anciens échanges commerciaux avec les Indes et, au XIXe siècle, l’arrivée d’Indiens à la suite des Britanniques, introduisirent l’hindouisme en Birmanie. Des missionnaires baptistes christianisèrent les Karen du Sud et les Chin du Nord, tandis que, des frontières bengali, venait l’islam. Les bouddhistes restent néanmoins largement majoritaires, regroupant 85 % de la population. En marge de ces religions « officielles », tous rendent un culte aux nats, les esprits birmans.

Le bouddhisme
Introduite en Birmanie en l’an 403 de notre ère par Shin Buddhabago, un moine qui, via Ceylan et Thaton, ramena en Birmanie le Tripitaka, les écritures sacrées, la nouvelle doctrine fut diffusée par les Môn. Le bouddhisme devint religion officielle sous le règne d’Anawratha, au XIIe siècle.
Comme au Sri Lanka, en Thaïlande et au Laos, le bouddhisme theravadin, ou bouddhisme du Petit Véhicule, prévaut en Birmanie, par opposition au Mahayana, ou Grand Véhicule, qui domine les sphères sino-japonaise et tibéto-népalaise. Le Bouddha n’est pas un dieu mais un simple mortel qui a atteint l’Eveil à la vérité : plus proche de la philosophie que de la religion, cette doctrine sans divinité prêche une ascèse personnelle qui, par l’accumulation de « mérites », fruits des actions bonnes, aidera l’individu à renaître dans une existence meilleure, à se diriger sur le chemin de l’Eveil, et, peu à peu, vers le nirvana, extinction du cycle des réincarnations. Le Bouddha lui-même connut 547 incarnations, racontées par les Jataka, avant de s’éteindre dans le Nirvana.

Le culte des esprits
Au panthéon des nats règnent 37 esprits officiels, qui résident au mont Popa, près de Pagan. Certains sont, à l’origine, des personnages historiques, d’autres des personnages de légende ; tous ont en commun d’avoir péri de mort violente et injuste. Nul ne peut dater l’apparition du culte des nats : ils relèvent d’une croyance de type animiste universellement répandue de par le monde. Leur culte prend parfois des allures de chamanisme. Aux offrandes propitiatoires quotidiennes d’eau, de riz, de fruits, d’encens, s’ajoutent des cérémonies plus importantes, lors desquelles on fait appel à un médium qui servira d’intercesseur entre le monde des vivants et celui des esprits. Des chants, des prières incantatoires et des danses conduisent progressivement le médium à entrer dans un état de transe propre à favoriser la communication avec les nats.

Inter titreVie sociale

La famille sert de modèle à la vie en société. Le respect envers les parents a son équivalent dans toute la hiérarchie sociale : respect envers les professeurs et les moines, aînés en sagesse, envers les supérieurs hiérarchiques et les personnes âgées. Au quotidien, c’est aux tables des échoppes de thé que les hommes échangent les dernières nouvelles, tandis qu’au marché les femmes papotent et rient, plus promptes à l’amusement qu’âpres au gain.
Certains voient dans la religion bouddhiste une cause de fatalisme : l’acharnement à la conquête des biens de ce monde n’a guère de sens dans une vie qui doit se répéter encore un grand nombre de fois, au fil d’incarnations multiples, sur la voie de l’extinction définitive, le nirvana.

Inter titreFêtes et coutumes

Février : la fête des Récoltes
A la fin des moissons, tout le pays se met aux fourneaux pour un gigantesque banquet.

Avril : le nouvel an
Le festival de l’Eau inaugure l’année nouvelle. Signe du renouveau dans l’attente des pluies de mousson, l’eau purificatrice lave également les péchés de l’année passée. Seaux, lances à incendie, tout est bon pour arroser son voisin ou les passants, dans la joie et la bonne humeur, trois jours durant.

Pagodes en fête
Bouddhiques en majorité, les fêtes suivent le calendrier lunaire, qui commence en avril avec le nouvel an birman. A chaque nuit de pleine lune, l’heure est à la fête. Chaque pagode a son festival une fois l’an, mi-fête religieuse, mi-kermesse populaire. Un grand marché s’installe pour quelques jours autour de la pagode, où l’on trouve, pêlemêle, fruits et légumes, vêtements traditionnels et bimbeloterie chinoise, images pieuses et confiseries. Grande roue et manège pour les enfants, théâtre et cinéma pour les plus grands : la fête bat son plein du crépuscule jusqu’à l’aube, plusieurs nuits durant.

Mai : les trois anniversaires
Le Bouddha naquit, connut l’Eveil et entra au Nirvana un mois de mai. Aussi la pleine lune de mai donne-t-elle lieu à l’une des festivités les plus sacrées de l’année. Entre offrandes et processions, les pagodes ne désemplissent pas.

Juillet : le départ du Bouddha
La pleine lune commémore le premier sermon du Bouddha et son ascension au ciel des 33 dieux, où il part prêcher la doctrine à sa mère. Les festivités sont les dernières avant le carême bouddhique, qui coïncide avec les trois mois de mousson.

Octobre : la fête des Lumières
Pour célébrer la fin du carême bouddhique, des milliers de lanternes sont allumées dans les pagodes et dans les maisons durant trois jours, symbole des milliers d’étoiles qui accompagnèrent le Bouddha lors de son retour du ciel des 33 dieux vers la terre.

Inter titreArt et culture

Capitale culturelle, Mandalay offre les plus beaux spectacles de musique, de danse et de marionnettes de Birmanie, tandis que Pagan et Mrauk-U en résument le génie architectural.

Architecture d’or et de brique
Pagodes, temples, stupas : les monuments birmans sont religieux avant d’être historiques. Classée au Patrimoine mondial de l’Unesco, la plaine de Pagan est le plus fastueux exemple du génie architectural birman, avec ses quelque 2 000 fondations des XIe-XVIIe siècles. Les pagodes de Rangoon, de Bago ou de Pyay rivalisent d’éclat avec leurs grands dômes couverts de plaques d’or, et des milliers de temples restent à découvrir sur le plateau shan ou dans le nord du pays.

Art, histoire ou religion ?
Au pays du Bouddha, il n’est d’art que religieux : l’histoire de l’art et la notion de patrimoine telles que les conçoit l’Europe n’ont guère de sens en Asie. Le passé et le temps n’y ont pas la valeur qu’on leur accorde en Occident. Lieux de culte, les édifices se doivent de briller de tous leurs ors en l’honneur du Bouddha. Au grand dam des voyageurs, c’est à coups de ciment et de peinture que sont « rénovés » les édifices anciens : le charme ambigu des ruines envahies par la végétation tropicale ne séduit que l’âme occidentale. Plus frais, plus coloré, un dallage de céramique de salle de bains remplacera avantageusement un plancher de teck centenaire, un bouddha aux lèvres et aux ongles repeints de vermillon sera plus glorieux que couvert de la patine des ans…

Peinture, sculpture et littérature : en l’honneur du Bouddha

Les statues du Bouddha se comptent par dizaines de milliers dans les grottes de Po Win Daung et de Pindaya, tandis que la peinture relate les « Jataka », les 547 vies antérieures du Bouddha. Dans les arts graphiques, l’histoire de l’art est celle des canons de la perfection bouddhique, reflétés par l’harmonie des proportions du corps du Bouddha – oreilles aux longs lobes, doigts et orteils d’égale longueur, proéminence du crâne, signe du troisième œil…
En littérature, hagiographies de saints personnages, vies et paroles du Bouddha sont transcrites principalement sous la forme de poèmes, plus faciles à mémoriser que les textes en prose. Les écrits sont conservés sur des feuilles de palme empilées et encadrées, en guise de « couverture » protectrice, de deux planches de teck sculptées. Au XIXe siècle apparaît à Mandalay la Chronique du palais de Verre, qui conte, entre vérité historique et embellissement mythique, l’histoire de la Birmanie. Nouvelles et romans, étant des « inventions », furent longtemps considérés comme « mensongers », péché capital pour un bouddhiste, et la fiction apparut au XXe siècle seulement, sans doute sous l’influence des Européens.

Musique et danse

Un homme se tient à l’intérieur d’un cercle fait d’une dizaine de tambours accrochés ensemble ; autour de lui résonnent un xylophone incurvé, une harpe à 13 cordes de soie, des flûtes, des cymbales, des gongs, des cloches et des tambours portés sur l’épaule. Au son de cet orchestre traditionnel, hommes et femmes dansent, parés d’atours chatoyants, les joues fardées de blanc et les yeux très maquillés. On aura l’occasion de les admirer lors des festivals de pagodes.

Les marionnettes, théâtre de l’histoire

Autour du roi et de sa cour, l’oiseau Galôn et l’ogre au visage vert, l’alchimiste de rouge vêtu, le cheval et le singe, la jeune fille et le bossu… 28 personnages aux traits typés rejouent, au bout de leurs ficelles, les vies du Bouddha ou l’histoire des monarques conquérants et leurs heurts et déboires avec les esprits du surnaturel. Satire sociale et… critique politique à gestes couverts n’en sont jamais totalement absentes.
A Mandalay, la troupe des Frères Moustache perpétue la tradition, et fabrique elle-même ses marionnettes. Histoire(s) ou légende(s) ? La Birmanie les entrelace avec allégresse pour en faire sa vérité.