Infos et réservations au 01 45 65 46 64 vietnam@tangka.com

On nous avait dit, vous verrez, le Cambodge:
– C’est le pays de l’arnaque
– Les gens sont pas aimables
-On y mange mal
-Y prendre le bus est un calvaire
On est donc partis prévenus. Et l’avantage quand on s’attend au pire, c’est que du coup on peut profiter du mieux, que l’on trouve plus facilement.

Un récit de voyage par Marion Kvaternik.

Pas grand chose à dire de Kep, nous nous y sommes confortablement enfermés dans notre prison dorée avec piscine dans l’alignement du coucher du soleil. Nous y avons rencontré deux familles de Français qui voyagent pour quelques mois en famille. C’est toujours surprenant de croiser des familles en voyage au long cours, avec des enfants de tout âge. De ce qu’on a vu, ça fonctionne vraiment bien, et les enfants ont l’air parfaitement épanouis. Sans parler de leur capacité à parler un anglais sans faille à un si jeune âge…

Et enfin, nous avons retrouvé Camille et Aude, après qu’ils aient passés une longue journée dans les bus. La soirée fut donc courte, le temps de les assommer un peu plus avec nos merveilleuses expériences de voyage, et de les mettre au lit.
Pour repartir dès le lendemain sur une petite île face à Kep: Koh Tonsay, aussi appelée Rabbit Island, du fait de sa forme (regardez sur Google Maps, et dîtes moi si vous trouvez un lapin vous) et non de ses habitants comme nous pourrons le constater rapidement. Koh Tonsay donc, un havre de paix où se logent quelques touristes sur une unique plage, la seule à peu près entretenue et sur laquelle ont fleuris les bungalows de toutes sortes. Pour nous, ça fait un peu “déjà vu”, mais on ne pouvait décemment pas privés nos deux arrivants du pôle nord de cet instant détente/farniente et chaleur. De toutes manières, on est déjà bien installés dans un rythme proche de la léthargie, un peu plus ne peut nous faire de mal.

Pour commencer, que fait-on sur une île? On enlève ses vêtements et on migre en version maillot. On attend les trois premières gouttes de transpiration et on se jette à l’eau. Eau qui est à la température parfaite, tu entres sans hésiter et tu réussis à t’y rafraîchir quand même. Une fois la baignade terminée, nous passons à l’étape: travailler le bronzage. C’est important quand on fait un tour du monde de savoir le garder, ça fait pas crédible quand on revient “un peu” bronzé. Et voilà. Les occupations principales sont établies, il s’agit maintenant de les replacer dans l’ordre que l’on veut.

Comme on est un peu plus créatif, on en a trouvé d’autres : manger, jeu de cartes et…. Disons hydratation. Première remarque: on nous a menti : la bouffe est excellente, et ils ont le bon goût de ne pas faire tomber le pot de piment dans le plat, eux. Deuxième remarque: Camille ne sait pas jouer au trouduc. Mais Camille est génial pour plein d’autres choses, notamment en ayant l’idée d’amener avec lui une bonne bouteille de champagne pour fêter les retrouvailles. Et Jerry a l’idée excellente de sortir les cigares birmans pour accompagner. Recette de la bonne soirée réussie!

La nuit, sur une île, il peut se passer plusieurs choses. A Ko Wai, par exemple, la nuit, c’était tempête, l’impression que le toit du bungalow va s’envoler et qu’on va se lever les pieds dans l’eau. A Koh Tonsay, il y a un peu de vent, oui, un peu de vagues aussi, au loin… Mais la chose unique que l’on y trouve, c’est un monstre. Je le sais, je l’ai entendu. Imaginez, il est environ 3h du mat, pour des raisons plus ou moins obscures, vous ne dormez pas, et soudainement, sous le bungalow, vous entendez des grognements étranges (entendre: c’est pas un chien qui fait ce bruit), puis, quelques minutes plus tard, un chien se met à japper de terreur et de douleur (j’ai un master en compréhension et interprétation de jappements), aboyer, puis je l’entend passer à toute vitesse sous le bungalow pour se diriger vers la mer… Brrrr.

Quelques minutes plus tard, j’entends quelqu’un qui rentre dans le bungalow à côté. Plus de doute, il s’agit d’un dragon garou (être humain se transformant en dragon de komodo à la pleine lune, NDLR), je vais vérifier que le bungalow est bien fermé.

Koh Tonsay - Cambodge

Koh Tonsay – Cambodge – © Marion Kvaternik

Le lendemain, le réveil est agressif. Sérieusement, ils sont organisés ces ******** de coqs, c’est pas possible: ça commence au loin, et ça se rapproche doucement; finalement, chaque bungalow a un coq caché dessous, et c’est le final: tous en même temps; et le fait que le soleil soit maintenant levé depuis deux heures ne les gène pas !

Enfin, après un bon petit déjeuner de pancakes et autres douceurs, une énième baignade, nous partons à la chasse au dragon garou. Cette île est peuplée de nombre de bestioles malfaisantes; en route nous croiserons un adorable mignon petit lézard se battant avec un scolopendre (pas beau scolopendre). On en déduit très rapidement que ce vilain pas beau scolopendre est en train d’attaquer le lézard (ils font la même taille).

En observant de plus près, et ben en fait non, c’est le lézard qui est en train de lui déf***** la g*****, et une fois qu’il a fait une entaille, les fourmis rouges s’en mêlent et finissent le boulot. Pauvre scolopendre… Déjà t’es pas beau, donc tu es forcément coupable alors qu’en fait, tout le monde essaye de te tuer. Monde hostile je vous dis.

L’inspection de l’île continue. Pour nous jeter de la poudre aux yeux, on nous fait passer par de jolies plages, où l’on trouve toute sorte de carcasses étranges, mais on sait bien qu’on est sur la bonne voie quand on se retrouve dans les terres, sur un chemin très étroit entouré de végétation hostile: tout a des piquants, mais tout, vraiment. Sans parler du complot de la tongue de Jerry qui essaye de l’abandonner et des symboles vaudou. C’est un miracle que nous en soyons sortis vivants.

Après quelques heures à crapahuter tant bien que mal dans cette jungle définitivement hostile (on ne compte plus nos blessures de guerre), nous entendons un bruit. Puis un grognement. Pas de doute, c’est le dragon garou (mais que fait-il là de jour?). Ouf, nous voyons sortir des fourrés une poule. Qui fait décidément vraiment le même bruit que le dragon garou…. L’enquête suit son cours.

Et finalement, nous découvrons que le chemin était une impasse en arrivant à un “village de pécheurs” (deux cahutes sur une plage avec des filets de pêche) dont les habitants nous expliquent que, si on veut continuer, il va falloir nager, parce que c’est marée haute. Le destin s’acharne contre nous, nous sommes affaiblis, apeurés, nous acceptons donc son offre de nous ramener pour un prix exorbitant sur la prochaine plage. Quelle aventure!

Nous nous délasserons de cette journée le soir même en… disons en s’hydratant, et en se faisant plaisir à manger. Pour moi, crabe au poivre de kampot. Ici, ils aiment bien faire cuire le crabe avec la coquille et dans la sauce. Très pratique pour manger. Après deux minutes d’hésitation, à se rappeler: mange avec tes couverts! On met pas les coudes sur la table! Essuie-toi avec ta serviette! On se rend à l’évidence, tous ces bons préceptes ici ne servent à rien: on retourne à l’état naturel et : on mange avec les mains, tout, on ne s’essuie pas, on laisse la robe faire le travail. Un moment magique, et une très belle photo à laquelle vous n’avez pas droit.

Lendemain, retour à Kep. Comme on l’aime bien notre prison dorée, on y ajoute une dernière nuit, afin de bien profiter de la piscine. Et d’avoir le temps de faire une descente vers les restaurants de fruits de mer. L’avantage avec ma démonstration de la veille, c’est qu’aujourd’hui, plus personne n’a peur de manger son crabe en étant jugé.  Et cette fois, on accompagne tout ça d’une excellente bouteille de vin et d’une merveilleuse assiette de charcuterie (descendue en 2 minutes chrono).

Plage - Koh Tonsay, Cambodge

Plage – Koh Tonsay, Cambodge – © Marion Kvaternik

Après Kep, une escale rapide à Phnom Penh, le temps pour Camille et Aude de découvrir les joies d’une auberge backpacker: nuit en dortoir, clientèle plutôt…. hydratée, et très jeune, staff pas vraiment aimable…. Puis nous repartons très vite direction Kompong Cham. Nous avions deux jours en rab à placer, on a voté Kompong Cham. Une petite bourgade à l’est de Phnom Penh, qui a l’air plutôt calme et rurale.

Arrivés à l’auberge choisie, nous sommes accueillis par une charmante khmer en français… Qui nous propose directement d’aller dormir ailleurs. Pas parce qu’elle n’a plus de place, non, non. Mais parce que son mari, français a ouvert une espèce d’auberge directement sur l’île du Mekong en face. Bon très bien, tu nous proposes d’esquiver une autre ville dégueulasse et bruyante pour nous retrouver au calme sur le Mekong… Et c’est moins cher en plus ? Ben banco dis donc !

Nous voilà partis en tuk tuk à 4, avec nos gros bagages pour rallier cette fameuse île, en passant par un pont en bambou qu’on a l’impression qu’il va s’effondrer à chaque mètre. Pour la petite histoire, ce petit pont est temporaire, il est reconstruit chaque année à la saison sèche, et géré par la famille qui a financé sa construction. Et nous avons de la “chance” de pouvoir l’emprunter puisqu’il sera bientôt déconstruit pour de bon, son remplaçant définitif étant en cours de construction.

Nous arrivons donc sur une petite île rurale, habitée par des paysans, des poulets et des chiens, et nous retrouvons dans ce petit havre de paix au bord du Mekong, qui propose de dormir à la belle étoile dans des hamacs. Un bien bel endroit, qui se révèlera une merveilleuse expérience. Pour commencer; une baignade. Quand je dis “au bord du Mekong”, tout est relatif, en saison humide, en effet, le Mekong doit être sous la terrasse, mais là, il est à un bon kilomètre. Et pour atteindre un endroit où se baigner autrement que dans de l’eau stagnante, il faut avancer dans la vase et les algues bizarres qui peuplent ces petits lacs.

Ensuite, c’est l’heure de la sortie à vélo. On ne le dirait pas comme ça, mais l’île est immense, envahie de champs au milieu de jungle, avec de petits temples parsemés tout autour. Et les gens sont adorables, on se croirait de retour en Birmanie; les enfants nous courent après en chantant des “Hello! Hello”. Seuls les regards largement désapprobateurs des madames sur nos jambes dévêtues à Aude et moi nous rappellent qu’on n’est pas complètement bienvenus quand même.

Une première approche vraiment géniale cependant, on ne savait pas bien à quoi s’attendre ici, on n’est pas déçus du voyage. On passe une bonne soirée en compagnie des autres habitants de l’auberge, uniquement des Français, chacun ayant une histoire unique qui les a conduit jusque là.

Pour le lendemain, souhaitant pousser l’expérience un peu plus loin, nous louons des scooters et repartons à l’aventure. Nous traversons cette grande île, au milieu des champs, en croisant les enfants qui rentrent de l’école, jusqu’à l’accident: Camille a crevé…. Evidemment, il fallait que ça tombe sur lui. Pas grave, dans ce genre de pays, il suffit de trouver un petit village pour rencontrer le mecano du coin qui fait toutes les réparations possibles à petits prix. Village repéré, ça n’a pas loupé.

Temple près de Kompong Cham, Cambodge

Temple près de Kompong Cham, Cambodge – © Marion Kvaternik

En route, nous rencontrons deux Américains qui ont rencontrés un autre problème: une tongue essaye de mourir. Pas de soucis, elle trouvera son salut au même endroit. N’est-ce pas merveilleux de n’avoir à faire quelques mètres pour trouver tout ce dont on a besoin sans avoir besoin au préalable de vendre un bras pour le payer? Une petite heure plus tard, nous repartons avec un pneu tout réparé dans notre exploration. Pour continuer la route prévue, un obstacle; il faut franchir le fleuve. Pour cela, nous prendrons le bac, accompagné de quelques locaux, et de vaches, à peine paniquées, qui nous repeindrons joliment le sol.

Direction un temple en bois, paraît-il sans attraits de l’extérieur mais magnifique à l’intérieur. En fait, il s’agit d’un monastère avec plusieurs temples, des maisons où dorment les moines, et un jardin de pagodes et de bouddhas éparpillés. Beau, vraiment beau. La route continue, et devient de moins en moins une route, et de plus en plus un chemin de sable. Follement pratique en scooter. C’est parti pour un raid motocross qui nous amusera follement quelques temps, et encore plus les locaux qui passerons sans sourciller à côté de nous en essayant de nous garder dans le bon chemin.

Enfin, nous retournons vers la ville, direction notre dernier temple, de style khmer à l’origine, un aperçu de ce qui nous attend à Angkor. Bref, encore une journée merveilleuse, riche en paysages exceptionnels, et offrant la possibilité de croiser une population adorable, serviable, et si souriante. Des étoiles plein les yeux que nous retrouvons nos lits ce soir.

Puis finalement, il faut retourner à la grande ville. Il est temps pour Aude et Camille de nous quitter, et de rentrer dans leur froid pays…. Phnom Penh, parlons en un peu, n’est pas la ville la plus facile qui soit. Mais, soyons francs, pour en avoir vu d’autres, elle est loin d’être aussi inhospitalière qu’on peut le dire. Au contraire, malgré la folie, l’agitation qui l’anime, il est pourtant facile d’y trouver une douce torpeur pour peu qu’on regarde au bon endroit.

Une dernière soirée tous ensemble, et chacun repart sur des routes différentes le lendemain. Camille et Aude vont prendre leur vol, et nous partons explorer cette ville. Étonnamment vide aux abords du Palais royal d’ailleurs. Ah, ben tiens, il est fermé, pour cause de “Journée de la Femme”… Tant pis, on prend quelques photos et, parce qu’on n’est pas assez triste d’avoir perdus nos amis, on va faire la visite qui va nous enfoncer un peu plus: le Musée Tuol Sleng, plus connu sous ce nom; musée du génocide khmer.

Un musée drôlement bien fait, où l’on trouve finalement assez peu de documents sur l’époque, mais agrémenté de photos, de textes de prisonniers, et surtout d’une ambiance glauque à souhait. C’est à dire que cet endroit, préalablement une école, est devenu directement un musée une fois que les khmers ont déserté la ville. Pour l’histoire, quand les libérateurs sont arrivés, ils ont trouvé 7 survivants, des petits veinards qui ont réussi à survivre grâce à des dons spéciaux; peintre, mecano, réalisateur de film,  et 14 corps qui venaient tout juste d’être mis à mort. Les photos de ces corps sont partout, c’est assez éloquent.

Pour ajouter un peu à l’ambiance, ils ont décidé de laisser un bâtiment intact. L’effet est grandiose, pas besoin des effets spéciaux de Monsieur Jackson ici: les cellules sont minuscules et les tâches de sang encore au sol. Sans oublier les grilles barbelées le long des fenêtres et couloirs extérieurs pour éviter toute tentative de suicide. Une visite vraiment intéressante cependant, mais qui laisse avec une grosse boule dans le ventre… Du coup, on est plutôt reparti faire les magasins au marché russe… Enfin, disons se faire voler pour des trucs de qualité médiocre.

Et enfin est arrivé le clou du pays: Angkor. Une grosse journée de bus pour arriver à la ville de Siem Reap où nous trouvons l’hôtel vanté par Camille et Aude. Atout principal: il a une piscine. Au final, ce sera le seul. Le staff n’est pas foncièrement aimable une fois qu’on a passé les étapes administratives d’arrivée, voire franchement désagréable quand on lui suggère qu’il pourrait faire mieux; par exemple, réparer la cuvette des toilettes dans une chambre à 23$ ne semble pas abusif. Allez, c’est pas grave, pour les aider, on a fini par la démonter entièrement et la répartir en morceaux dans les toilettes ; ils ont fini par se dire qu’il fallait faire quelque chose.

Musée Toi Sieng - Phnom Penh, Cambodge

Musée Toi Sieng – Phnom Penh, Cambodge – © Marion Kvaternik

Mais surtout, en oubliant cette histoire d’hôtel décevant, nous sommes allés visiter les temples!!! Ces temples, on en a vu tellement, entendu parler si souvent, c’est quelque chose de se dire qu’on y est enfin. Nous commençons les visites à vélo, et par le fameux Angkor Vat. Très bien préservé, immense, et absolument magnifique. On y déambule quelques heures le temps d’en visiter une petite partie et reprenons la route.

Direction Angkor Thor, qui héberge la cité royale et plusieurs temples, notamment le majestueux Bayon. Le Bayon est un temple très particulier du fait que toutes ses tours sont décorées du visage du roi qui l’a fait construire. Le temple de l’autosatisfaction. C’est néanmoins impressionnant de s’y promener en tombant chaque mètre sur ce même visage encore et encore. Ce temple est tout petit et pourtant incroyablement imposant.

Enfin, pour finir cette première petite journée, direction le Ta Prohm. Que vous connaissez tous, si si, ne serait-ce que par le film Tomb Raider. Ou simplement parce que vous avez entendu parler de ce temple qui se fait manger par des arbres géants. C’est ça le Ta Prohm, un temple spectaculaire pour sa cohabitation avec les arbres. Alors disons le tout de suite, oui, c’est très joli, mais c’est surtout très travaillé pour et ça se voit. Ils ont poussé le vice jusqu’à ajouter des planchers pour accéder aux sites les plus photogéniques. Disons qu’il manque de charme maintenant. Mais ça reste surprenant d’y être.

Après quelques 30 kilomètres, nous voilà de retour dans la chambre pour une bonne nuit de repos. Deuxième jour, nous abordons les temples assez proches et plus méconnus. A commencer par le Banteay Kdei, dont personne n’a entendu parler, mais qui se présente comme un mini Ta Prohm bourré de charme. J’ai adoré. En face, le réservoir et le débarcadère de Sras ******, pour une jolie photo. Puis viennent les temples plus étranges, et vraiment prenants: Pre Rup, tout en hauteur, et le Mebon Oriental, aux sculptures merveilleusement préservées. Et pour finir en beauté: le Kbal Spean, sublime, vraiment très bien préservé, et avec cette particularité qu’on aime tant: des arbres qui le mange. Mon préféré, d’une beauté incroyable.

On pourrait croire qu’à ce stade, on en aurait assez. Mais non, on n’est pas venu jusqu’ici pour voir trois temples et s’en aller. Alors on continue. Et on ajoute une difficulté: le lever du soleil, donc un lever à l’aube. Mais cette fois, on choisit le tuk tuk. D’abord parce qu’il ne faut pas me demander de pédaler 10 kilomètres à 5h du mat, ensuite, parce qu’on a complété le programme du jour par les temples les plus éloignés qu’on voudrait faire. Donc, commençons par le lever de soleil sur les tours d’Angkor Vat, un moment magique, unique, qu’on ne partage qu’avec… Environ 3000 personnes à l’oeil nu (mais je ne suis pas flic).

Puis direction Banteay Srei, réputé le temple le plus beau de la région. En effet, il est d’une finesse incroyable. Ce qui est amusant, c’est qu’il a longtemps été appelé le temple des femmes, du fait de sa beauté, qui ne pouvait être assimilée qu’aux femmes. J’aime bien cette histoire.

Puis le Banteay Samré, qui, finalement, ne présentera rien d’exceptionnel par rapport à ce qu’on a déjà vu. Et pour finir, le Bakong, immense, mais surtout en rénovation. Vendu, on en a marre, on rentre, et repos! Pour le jour suivant aussi tiens, non mais!

C’est aussi parce qu’on se gardait pour la fin une espèce de visite unique; le seul temple du coin (enfin à 70 kilomètres quand même), complètement laissé à l’abandon, enfin presque complètement, ils vérifient régulièrement qu’il ne va pas s’écrouler sur les gens qui le visitent, et du coup avec un soupçon d’Indiana Jones qui traîne par là. Pour y aller, un tuk tuk bien sûr. Cette fois, nous faisons appel à celui qui a si bien guidé Camille et Aude.

Bayon - Angkor, Cambodge

Bayon – Angkor, Cambodge – © Marion Kvaternik

L’hôtel veut bien nous l’appeler mais ils ne travaillent plus avec lui,  pour raison inconnue. Monsieur Vuth nous donne donc rendez-vous le lendemain au milieu de la ville. Le matin venu, nous partons donc à sa rencontre. Nous marchons depuis 10 minutes quand un Khmer sur scooter nous arrête et nous demande, sur le ton de la confidence: “vous logez à l’auberge Machin?” ” Heu, oui”, toujours avec le même ton secret: “vous êtes en route pour aller trouver monsieur Vuth?” (mais qu’est-ce que c’est que cette histoire???? ) L’homme regarde autour de lui, sur ses gardes, puis nous annonce avec un bon sourire “Je suis monsieur Vuth, mon tuk tuk est là bas”. Nous le suivons donc jusqu’à sa cachette à tuk tuk et…. Nous partons vers le temple. Mais quand même, l’espace de deux minutes, on s’est cru dans un vrai film d’espionnage!

La route est longue et monotone jusqu’au temple, nous sommes contents d’arriver enfin. En effet, en s’approchant du site, on s’aperçoit que la plupart des entrées sont effondrées et qu’il y a donc deux moyens d’entrer; escalader les débris ou passer par le chemin aménagé. Nous commençons par le chemin aménagé avant de le quitter deux minutes plus tard pour s’enfoncer dans les cours du temple, et aller affronter les mygales qui souhaiteraient nous barrer le passage.

En vérité, il n’y a, pour une fois, qu’une petite partie aménagée pour tout le monde, la plus grande partie du site se visite par soi-même, c’est juste génial, on a à nouveau 5 ans et on part escalader partout pour découvrir le trésor caché. Pas de trésor, mais une expérience unique. Les arbres sont évidemment de la partie, et on s’en donne à cœur joie.

Sur le chemin retour, Monsieur Vuth nous propose de passer par son village. Sa femme est malade, il veut être sur que tout va bien. Après avoir affronté un orage de toute beauté, nous nous enfonçons donc dans la campagne cambodgienne, où il nous présente ses voisins, sa maison, ses enfants, sa femme, et nous parle un peu des conditions de vie des Cambodgiens. Un peuple vraiment pauvre, qui se bat pour faire vivre des familles toujours trop grandes. Et de sa vision du travail, il nous dit préférer se faire une clientèle pour sa réputation plutôt que de travailler avec des auberges qui lui prennent une commission sur chaque client. Une belle rencontre, une belle visite grâce à ce guide hors du commun.